Auteur Sujet: Concours n°1 - Grand Esprit  (Lu 515 fois)

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Concours n°1 - Grand Esprit
« le: 03 janvier 2011 à 07:01:13 »
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Grand Esprit



Sujet du concours n°1 (rappel) :

Décrivez votre personnage, comment il a accédé au pouvoir, quels sont les grands axes du culte qu'il impose à ses fidèles, à quoi ressemble son peuple (culture, architecture, etc.), à quoi ressemble sa planète mère, etc.

Note moyenne :

Juges :

Nom
Note #1 – Note #2 – Note #3 – Note #4 – Note #5


1 : Onaan
Note #1 – Note #2 – Note #3 – Note #4 – Note #5

2 : Kesh'Nar
Note #1 – Note #2 – Note #3 – Note #4 – Note #5

3 : Ouserkaf
Note #1 – Note #2 – Note #3 – Note #4 – Note #5

4 : Panufis
Note #1 – Note #2 – Note #3 – Note #4 – Note #5

5 : Naerwen
Note #1 – Note #2 – Note #3 – Note #4 – Note #5

Légende :

1 – Cohérence
2 – Expression
3 – Intérêt
4 – Cheminement
5 – Global
« Modifié: 22 janvier 2012 à 02:53:30 par Enki »
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Re: Concours n°1 - Grand Esprit
« Réponse #1 le: 09 janvier 2011 à 23:13:46 »
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Prologue : Vieil-Homme



Vieil-Homme est assis en tailleur, face au feu de camp.

Il est dit que, bien des hivers auparavant, il avait eut un autre nom, alors qu'il arpentait les plaines à cheval avec les autres chasseurs pour rapporter de la viande au camp. Mais c'est une légende.

Vieil-Homme est assis en tailleur, face au feu de camp. Derrière lui, une des trois lunes étend son croissant face à l'horizon et semble couvrir sa longue toison poivre et sel d'un chapeau d'argent.

Il est dit qu'il avait eut les cheveux noirs, comme chacun dans la tribu... Et ils seraient restés longtemps de cette couleur, bien longtemps après que son visage se soit parcheminé et couvert de rides, comme notre mère la Terre lorsque les nuages de pluie se font trop rares, et que la soif étend ses griffes sur les êtres. Et Vieil-Homme a vu de nombreux hivers... Bien plus que Crochet-de-Serpent qui est le chef de la tribu et qui dirige la chasse.
Vieil-Homme dispose d'un savoir et d'une sagesse venant des âges lointains, et il les dispense à qui veut les entendre. On prétend que Vieil-Homme est éternel, et que les hivers ne feront que parcheminer un peu plus son visage, et blanchir sa toison. Mais c'est une légende.

Vieil-Homme est assis en tailleur, face au feu de camp. Derrière lui, une des trois lunes étend son croissant face à l'horizon et semble couvrir sa longue toison poivre et sel d'un chapeau d'argent. Tout en fixant le feu, il bourre sa pipe de tabac avec le geste sûr d'un homme qui l'a déjà fait des centaines de fois.

La tribu ne pratique pas l'agriculture, car elle ne veut pas prétendre domestiquer notre mère la Terre. Elle vit de chasse et de cueillette, poursuivant le gibier suivant un mode de vie nomade. La seule entorse à cette règle est la culture du tabac. Le tabac leur permet de communier avec les esprits. Mais c'est une légende.

Vieil-Homme est assis en tailleur, face au feu de camp. Derrière lui, une des trois lunes étend son croissant face à l'horizon et semble couvrir sa longue toison poivre et sel d'un chapeau d'argent. Tout en fixant le feu, il bourre sa pipe de tabac avec le geste sûr d'un homme qui l'a déjà fait des centaines de fois. Le fond de l'air est frais en cette fin d'automne, et il s'est paré d'une couverture dont lui ont fait don les femmes de la tribu durant l'été.

Ainsi est organisée la tribu : les hommes chassent et font la guerre tandis que les femmes s'occupent des enfants, de la nourriture et des vêtements. Mais ce n'est pas un ordre établi et immuable. Il arrive que certains hommes préfèrent ces menus travaux et l'honneur de garder le camp plutôt que celui de le nourrir... Il arrive même que certains hommes préfèrent partager la couche d'autres hommes, mais c'est extrêmement rare. Inversement, certaines femmes prennent parfois les armes pour faire la guerre. Elles montent à cheval et peuvent montrer autant de force et d'adresse qu'un guerrier homme. Certaines femmes, aussi, se joignent à la chasse au gros gibier, risquant de se faire encorner pour affronter le regard du bison et nourrir le camp. Et aussi, assez marginalement, il arrive qu'une femme préfère partager la couche d'une autre femme... La tribu estt tolérante, nul ne pourrait accepter d'imposer ou de se voir imposer une manière de vivre par un autre membre de la tribu, car la vie ne vaut pas la peine d'être vécue si l'on se soumet à ses frères. Pourtant la tribu n'est pas libre : elle doit servir le Grand-Esprit, et ce n'est pas une légende.

Vieil-Homme est assis en tailleur, face au feu de camp. Derrière lui, une des trois lunes étend son croissant face à l'horizon et semble couvrir sa longue toison poivre et sel d'un chapeau d'argent. Tout en fixant le feu, il bourre sa pipe de tabac avec le geste sûr d'un homme qui l'a déjà fait des centaines de fois. Le fond de l'air est frais en cette fin d'automne, et il s'est paré d'une couverture dont lui ont fait don les femmes de la tribu durant l'été. De l'autre côté du feu de camp, les enfants de la tribu sont réunis pour l'écouter parler. Ce soir il va raconter toute l'Histoire.

Vieil-Homme allume sa pipe et en aspire une bouffé de fumée. Il la fait tourner un moment dans sa bouche, comme si il dégustait une tisane particulièrement savoureuse, puis, d'une grimace amusante, il la recrache sous forme de trois anneaux de fumée successifs. Alors il ouvre la bouche et déclare :


«  - Voici, les enfants, l'histoire de notre tribu, et la vérité sur Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi. Gardez la pour toujours à l'esprit, car vous devrez la transmettre aux générations futures. »
« Modifié: 22 janvier 2012 à 02:53:41 par Enki »
Grand Esprit, Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi.

« Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
Ami, penche-toi sur quelqu'un qui pourrait bien pleurer.
Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
Ami, penche-toi sur quelqu'un qui pourrait bien pleurer.
 »

Chant Yuwipi.

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Re: Concours n°1 - Grand Esprit
« Réponse #2 le: 08 février 2011 à 15:58:45 »
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Chapitre I : Wakȟáŋ Tȟáŋka, Tȟuŋkášila (Grand esprit, le grand-père)



« - Notre peuple n'a pas toujours vécu sur ce monde. Autrefois, nous arpentions le sol du Premier Monde, un monde qui n'a qu'une lune, celui où notre peuple a vu le jour : la Tauri. »

Vieil-Homme tire à nouveau sur sa pipe et attend un moment tout en laissant son esprit divaguer. Un jeune garçon en profite pour demander :

« - La légende dit qu'après notre mort, nous allons rejoindre nos ancêtres sur leur terrain de chasse... C'est sur la Tauri ? »

Vieil-Homme observe le garçonnet un moment, essayant de se souvenir son nom... Plume-de-cheval, ou quelque chose comme ça... Les jeunes ont des noms étranges de nos jours, et la mémoire à court terme de Vieil-Homme commence à lui faire défaut. Renonçant à l'idée de trouver le nom de chaque enfant dans sa mémoire défaillante, Vieil-Homme se contente de répondre à la question en secouant négativement la tête puis en agitant circulairement la main gauche, indiquant par ce geste qu'il s'agit d'ancêtres ayant vécu il y a encore plus longtemps que ceux dont il parle. Il décide alors de reprendre son récit :

« - Le grand-père du grand-père de mon grand-père ne connaissait déjà cette histoire que par ses aïeux. L'Histoire dit que la vie était rude. Notre peuple était si jeune alors. Ses membres ne savaient pas fabriquer de pièges pour attraper le gibier. Ils ne savaient pas quels étaient les bons fruits et les bonnes herbes. Ils ne savaient pas allumer un feu. Ils ne savaient pas faire des vêtements... En fait, il est plus court de faire le tour de ce qu'ils savaient... »

Vieil-Homme sourit, repensant avec nostalgie à sa propre jeunesse, à son ignorance et à l'expérience que lui ont apporté les douleurs de la vie. Il soupire et continue :

« - Ils savaient parler. Mais un langage si rudimentaire que les animaux arrivaient à le comprendre, ce qui n'aidait pas les chasseurs. Ils connaissaient l'enchainement des jours et des saisons et pouvaient donc se préparer aux rigueurs des hivers comme aux sécheresses des étés. Ils connaissaient assez leur monde pour ne jamais s'y perdre. Ils savaient les légendes et connaissaient les esprits... Même si ils ne les avaient jamais vu. »

Vieil-Homme reprend son souffle : il n'aime pas les énumérations... Il faut parler, parler, parler encore... Il ne reste plus de temps, ni pour penser, ni pour respirer. Il attend un peu, conscient que ses nombreuses pauses agacent son auditoire. Enfin, il se décide à entrer dans le vif du sujet et lance :

«  - Un jour de printemps qui ne se distinguait d'aucun autre jour, les ancêtres ont été interrompus dans leurs tâches quotidiennes par un grondement qui venait du ciel.

- C'était le tonnerre ? » Demande une petite voix. Vieil-Homme sourit à nouveau, comme s'il s'attendait à ce qu'on l'interrompe de cette manière, puis il répond :

« - C'est ce qu'ils ont cru au départ... Sauf que ce n'était pas un grondement de tonnerre... Ça ressemblait plus à un éboulement ! »

Plume-de-cheval fixe Vieil-Homme de grands yeux ahuris avant de s'exclamer d'un air incrédule : « - Dans le ciel !? »

Vieil-Homme acquiesce silencieusement tout en profitant des réactions que provoque son histoire sur son auditoire : ici l'incrédulité, là l'émerveillement, ailleurs, de la peur ou de la curiosité. Chaque fois qu'il a raconté cette histoire, l'effet a été le même, et Vieil-Homme est convaincu qu'en leur temps, leurs ancêtres ont réagit de la même manière à cet événement extraordinaire. Une fois les enfants calmés, Vieil-Homme se lance à nouveau dans son récit :

« - Avec ce bruit monstrueux qui n'en finissait pas, tous les animaux alentours s'enfuirent, mais nos ancêtres étaient trop curieux pour les imiter. Bientôt, la lumière du soleil s'éteignit alors qu'une montagne volante apparaissait dans les cieux. La montagne plana vers eux, puis s'arrêta juste au dessus d'eux. Nul ne sut jamais par quelle magie elle volait ainsi. Mais si elle avait cessé, ils auraient tous fini écrasés sous le poids d'une montagne pour les siècles des siècles. Elle resta immobile au dessus d'eux pendant un long moment, et eux restèrent immobiles en dessous, craignant de rompre la magie en bougeant, et de se retrouver écrasés sous le poids d'une montagne. Puis, après un moment, de la même manière que l'eau descend d'une chute d'eau, une cascade de lumière vint s'abattre au milieu des ancêtres, et de cette cascade surgit Tȟuŋkášila. »

À nouveau, Vieil-Homme s'arrête, mais cette fois, il pose sa pipe d'un air solennel tandis que tout dans son expression et son attitude indique un respect des plus profonds. Les enfants ne comprennent pas pourquoi, ils sont trop jeunes pour savoir qui fut Grand-Père, mais ils ne bougent pas un cil, attendant que Vieil-Homme reprenne son récit. Celui-ci commence à murmurer une prière de manière inaudible, puis place ses mains parcheminées sur sa tête. Quand il les retire, une larme coule sur sa joue gauche. Sans y faire attention, il porte à nouveau sa pipe à sa bouche, prend une bouffée de tabac, puis explique alors :

« - La cascade de lumière s'éteignit, et nos ancêtres purent voir Grand-Père. Tȟuŋkášila n'était pas un être humain. Sa silhouette était celle d'un homme, mais sa peau était celle d'un serpent, et il la couvrait en grande partie par des vêtements finement tissés et couverts de bijoux.
Il observa longuement nos ancêtres, puis ses yeux s'illuminèrent comme des étoiles. À cet instant précis, la cascade de lumière se ralluma. Alors, d'autres Hommes-peau-de-serpent apparurent à leur tour. Ils étaient quelques dizaines. Et la cascade de lumière s'éteignit encore.
C'est à ce moment que nos ancêtres virent que certains des autres Hommes-peau-de-serpent semblaient malades : ils ne se portaient pas aussi droit que Tȟuŋkášila, ils toussaient, ou leurs yeux voyaient des choses qui n'existaient pas.
Tȟuŋkášila parla, mais son langage ne disait rien à nos ancêtres.
Tȟuŋkášila le comprit, alors il s'arrêta de parler.
Il comprit aussi que sa montagne volante effrayait nos ancêtre, alors il leva les bras au ciel, et la montagne s'en alla. Tȟuŋkášila était aussi sage que le serpent dont il avait la peau. Il rejoignit ses compagnons, et tous se mirent à l'écart pour ne plus bouger.
 »

Vieil-Homme se penche légèrement et continue sur le ton de la confidence :

« - Nos ancêtres étaient méfiants, ils sont resté très longuement immobiles, chaque groupe toisant l'autre sans bouger... »

Puis Vieil-Homme se redresse en souriant :

« - Mais, voyez vous, nos ancêtres ignoraient que les Hommes-peau-de-serpent étaient des esprits. Et les esprits n'ont pas besoin de boire, pas besoin de manger, pas besoin de dormir... Ils peuvent rester indéfiniment sans bouger... Nous n'avons pas ces pouvoirs, et nos ancêtres ne les avaient pas non plus.

Après un long moment, ils durent cesser de rester immobiles. Il leur fallut aussi reprendre leurs activités, pour survivre. Et comme les Hommes-peau-de-serpent restaient immobiles, très vite, nos ancêtres oublièrent leur présence.

Un jour, un homme revint blessé de la chasse. Il allait mourir. Alors Tȟuŋkášila sortit de son immobilité. Tous nos ancêtres se figèrent de peur tandis que lui bougeait à nouveau. Il s'approcha de l'homme blessé et lui lança de la lumière avec ses mains. L'homme se releva, il était soigné. Tȟuŋkášila reprit alors sa place et redevint immobile, et nos ancêtres recommencèrent à bouger.

Il leur fallut quelques jour pour comprendre vraiment ce qu'ils avaient vu. Mais à l'issu de ces quelques jours, ils comprirent que les Hommes-peau-de-serpent étaient bons, qu'ils avaient de grands pouvoirs, et qu'ils s'en serviraient pour leur bien... Alors le respect remplaça la peur : ils comprirent que les Hommes-peau-de-serpent étaient des Táku Wakȟáŋ, des esprits sacrés. Et donc, celui qui était arrivé le premier et se comportait comme le chef szq Hommes-peau-de-serpent, le seul qui avait bougé jusqu'ici, qui avait essayé de leur parlé, qui avait soigné l'un des leur. Celui-ci ne pouvait être que le plus sacré de tous les esprits, le créateur, que nous appelons également Grand-Père, car il est à l'origine de toute chose : Tȟuŋkášila, qui portait également à l'époque le titre de Wakȟáŋ Tȟáŋka, car il régnait sur les Táku Wakȟáŋ.
 »
« Modifié: 22 janvier 2012 à 02:53:50 par Enki »
Grand Esprit, Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi.

« Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
Ami, penche-toi sur quelqu'un qui pourrait bien pleurer.
Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
Ami, penche-toi sur quelqu'un qui pourrait bien pleurer.
 »

Chant Yuwipi.

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Re: Concours n°1 - Grand Esprit
« Réponse #3 le: 03 mars 2011 à 16:35:45 »
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Chapitre II : Les Táku wakȟáŋ hokší (Les Enfants des Esprits Sacrés)



Plume-de-Chwal n'écoute que d'un œil, prêtant une oreille à demi-close aux histoires de Vieil-Homme... Il a dix printemps, et il s'estime trop vieux pour écouter ces racontars de bonne-femme. Et puis de toutes manières, Vieil-Homme est sénile, c'est bien connu. D'ailleurs, il l'appelle toujours « Plume-de-cheval »... Bon sang, mais un Chwal et un Cheval sont deux choses bien différentes ! Et si Vieil-Homme ne peut pas les différencier, c'est qu'il n'a plus toute sa tête... Alors prendre soin de lui, c'est une chose, mais l'écouter radoter, c'en est une autre !

Pendant que Vieil-Homme explique aux enfants, en long, en large et en travers, comment les hommes-peau-de-serpent auraient soit disant apprit à connaître et se faire connaître de ses aïeux, Plume-de-Chwal laisse son esprit vagabonder... Il n'y a pas besoin de remonter au temps du père du grand-père du grand-père de l'homme le plus vieux de la tribu pour trouver de belles histoires.

Tenez, par exemple, d'où vient son nom à Plume-de-Chwal... ?


C'est une histoire que les guerriers aiment raconter pour venter leur sens de l'observation. Quand Plume-de-Chwal n'était encore qu'un jeune enfant, voir un bébé, la tribu avait dû renoncer à installer son campement d'hiver à l'endroit habituel à cause de grandes inondations. L'année avait été mauvaise. Le bison était trop rare.
Alors qu'ils avaient trouvé un nouvel emplacement qui leur semblait propice, Crochet-de-Serpent, qui n'était alors qu'un simple chasseur, s'aperçut qu'un nourrisson jouait avec une grande plume grise et scintillante : la plume d'un Chwal, ces grands oiseaux charognards dont l'envergure dépasse la hauteur de trois hommes.
Pour nous, pauvres Terriens avachis derrière un écran d'ordinateur éclairant notre visage avide d'histoires de science fiction d'une lumière blafarde, ceci n'évoque rien. Mais pour les habitants de ce monde étrange que trois lunes éclairent chaque nuits, c'était on ne peut plus révélateur. Comme tous les animaux, les Chwaux s'installent là où la nourriture abonde. Comme tous les charognards, les Chwaux se nourrissent de cadavres. Un Chwal ne vol qu'avec une robe parfaite, aussi ne perd-il que très rarement de plumes en dehors de son nid. C'est d'ailleurs de là que vient le proverbe « si tu trouves la plume du Chwal, tu trouves le nid du Chwal », l'équivalent, chez ces indiens, de notre « il n'y a pas de fumée sans feu ».

Confortablement installé dans votre lit, sur votre bureau, dans un fast food avec accès wi-fi ou n'importe où ailleurs d'où vous lisez ces lignes, je conçois que cela ne vous parle pas. Alors récapitulons, si vous le voulez bien : un oiseau charognard géant ne perd ses plumes qu'à proximité de là où il niche... Et celui-ci ne niche qu'à côté de sa mangeoire. Donc la tribu s'apprêtait à placer son campement dans la-dite mangeoire... Hors, le problème est : pourquoi était-ce une mangeoire ?
Des chasseurs furent envoyés afin d'enquêter. Et quelques instants plus tard, la tribu se hâtait de quitter les lieux : ce site était situé à moins d'une heure de marche de la demeure d'un Táku wakȟáŋ hokší : un enfant des esprits sacré. Car dans la vraie vie, contrairement à la fable de Vieil-Homme, les Táku wakȟáŋ sont tous mauvais, et il convient de les éviter pour vivre.

Bien que...


Dans les histoires récentes, il est rarement question des Táku wakȟáŋ... On sait que le Wakȟáŋ Tȟáŋka en a à son service, et qu'il est aussi en guerre contre d'autres d'entre eux... Mais où qu'on aille sur la planète, se sont les Táku wakȟáŋ hokší que l'on fuit, sans vraiment savoir quelle est la différence entre les parents et les enfants Táku wakȟáŋ... Entre les goa'ulds, et les jaffas. Les seconds obéissent aux premiers, comme tout enfant obéit à ses parents. Les uns comme les autres ont des pouvoirs, mais les plus grands pouvoirs appartiennent aux parents... Normal, ils sont plus vieux, ils ont plus d'expérience.

Alors que Vieil-Homme énumère les noms des anciens Esprits-Sacrés, Plume-de-Chwal essaye de se rappeler de ceux de leurs enfants, ceux qu'il a vu de ses yeux ou dont il a entendu parler. Car, sachez bien que les types de jaffas (garde Serpent, garde Horus...), avant d'être le symbole d'une famille goa'uld, sont la représentation d'une qualité guerrière. Chaque type de garde a une spécialité. Et si, avec le temps, les unités jaffas ont fini par prêter allégeance, chacune à une famille différente, suite à diverses dissensions, pour donner la situation que nous connaissons actuellement... À l'époque dont nous parlons, il est fréquent qu'un Goa'uld ait à son service des jaffas de plusieurs sortes différentes. Cette coutume s'est éteinte il n'y a pas si longtemps, souvenez vous : il y a à peine une décennie, Râ avait à son service un garde-Chacal en plus de ses gardes-Horus. Pour ce qui est de Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi, nul ne sait réellement combien de type de jaffas sont à ses ordres... Plume-de-Chwal en connait une quinzaine, et c'est de cela qu'il essaye de se rappeler.


    • Il y a Haokah, bien sûr, c'est un Esprit-Šuŋgmánitu, un garde-Loup, le bras droit de Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi. On dit qu'il domine les rêves. La moitié de son visage est rouge, et l'autre est bleue, et ses yeux sont de différentes couleurs. En hiver, la chaleur l'incommode, et en été, c'est le froid qui le gène. On dit que c'est un esprit ouvertement contradicteur, sauf quand Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi lui parle. Intelligent, déterminé et retors, c'est une bénédiction qu'il ne quitte jamais le monde du Grand Esprit pour s'aventurer sur celui des humains car toute la création connait son goût prononcé pour ce en quoi il excelle : la guerre.
    • Il y a les Esprits-Tatanka, les gardes-Bisons qui sont d'hardis et fiers guerriers se battant dans l'honneur et la droiture. Ceux-ci sont appréciés par les humains car ils tentent toujours de protéger les faibles.
    • Il y a les Esprits-Mato, les gardes-Ours. Il est dit qu'ils s'emportent facilement et se laissent en permanence guider par leurs émotions. Ce sont des braves qui ne sentent pas la douleur physique. Ils aiment s'amuser, y compris à des jeux d'esprit, mais à condition que l'enjeu soit cruel.
    • Il y a les Esprits-Mica, les gardes-Coyotes (NDA : ou gardes-Chacal selon la région)... Ceux-ci ont mauvaise réputation, on dit que ce sont des voleurs et des lâches qui inventent toutes sortes de manigances pour arriver à leur fin. Leur inimitié avec les Esprits-Tatanka est légendaire.
    • N'oublions pas les Esprits-Sunka, les gardes-chiens. Ceux-là sont incroyablement hautains, ils cultivent leur propre snobisme et se considèrent comme un genre de société noble. Ils ont la réputation de forger entre-eux des liens d'amitié exceptionnels.
    • Les Esprits-Hehaka, les gardes-Élans sont fuis par les femmes et combattus par les hommes : on sait peu de chose à leur propos, sinon qu'ils sont obsédés et violent tout ce qui est à leur goût et croise leur chemin.
    • Les Esprits-Capa ou gardes-Castors sont des contremaitres, ils s'assurent que les quotas soient bien remplis par les humains et récupèrent le fruit de leur labeur pour le livrer au Wakȟáŋ Tȟáŋka.
    • Les Esprits-Wambli et les Esprits-Cetan, les gardes-Aigles et les gardes-Faucons (NDA : ou gardes-Horus selon la région), sont des oiseaux de mauvais augure : lorsqu'on les aperçoit, c'est qu'un Esprit-Wakinyan s'apprête à frapper.
    • Les Esprits-Wakinyan sont d'immenses oiseaux légendaires qui ont le pouvoir de déclencher des tempêtes et de jeter des éclairs. À la lumière de cette légende, vous devez présentir que ce qu'ignore Plume-de-Chwal, c'est que les Esprits-Wakinyan, sont des planeurs de la mort. Ils nécessitent des pilotes. Les gardes-Aigles et les gardes-Faucons sont deux types de pilotes pour les flottes aériennes de Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi, les premiers formant les unités de combat réelles alors que les seconds correspondent plutôt à des unités d'exploration et d'espionnage, rapides, mais peu armées.
    • Les Esprits-Zuzeaka vous sont sans doute plus familier : on les appelle aussi gardes-Serpents. Vous savez donc certainement que leur spécialité est le pistage et la dissimulation de traces, ce qui permet à de grandes unités de ces soldats de s'embusquer dans à peu près tous les milieux pour surgir quand l'ennemi s'y attend le moins.
    • Les Esprits-Hnaska ne sont pas des combattants. Ces gardes-Grenouilles sont chargés de la logistique, ils apportent aux autres de quoi effectuer des réparations de fortune sur leurs artefacts, de quoi se soigner, ou, le plus souvent, de quoi manger ou dormir (tout simplement).
    • Les Esprits-Hogan sont peu connus. Il s'agit de gardes-Poissons. Et comme vous vous en doutez, cette armée là concerne la marine, car, oui, certains goa'ulds disposent de bateaux et de sous-marins. Mais ceci uniquement sur les mondes importants et où les chasseurs ne peuvent pas atterrir.
    • Les Esprits-Keya ou gardes-Tortues portent les armures les plus lourdes que des jaffas puissent porter. Ils ont généralement fonction de brancardiers et de médecins de campagnes. Cependant, c'est quand leur armure est rangée dans un placard que ces fantastiques connaisseurs des herbes médicinales et des poisons trouvent toute leur utilité... Ou leur dangerosité...
    • Pour finir, le dernier type d'esprit que connait Plume-de-Chwal est l'Esprit-Unktomni, le garde-Araignée... On dit que le Wakȟáŋ Tȟáŋka les admire et les exècre tout à la fois. Il les a doté de tout un arsenal d'armes magiques, étranges et destructrices, et il les envoie toujours en première ligne, espérant qu'ils se fassent écraser. Les Esprits-Unktomni échouent rarement au combat... Et leurs victoires leur permet de s'adonner à leur occupation favorite : humilier les plus faibles.[/i]

    Pour chaque esprit dont il s'est souvenu, Plume-de-Chwal a placé un petit galet devant lui. Il en a maintenant une bonne quinzaine empilés les uns sur les autres.
    Il se rend soudain compte que le silence l'entoure : Vieil-Homme le regarde fixement, jugeant son inattention d'un air glacé. Aussitôt, Plume-de-Chwal chasse les galets d'un revers de la main et porte son attention sur Vieil-Homme... Si celui-ci va dire à ses parents que Plume-de-Chwal n'a pas été attentif, alors le jeune garçon aura droit à un coup d'arc sur le bas des reins.
    Vieil-Homme reprend alors son récit, non sans avoir prit le temps d'aspirer une nouvelle bouffée de fumée auparavant. Il raconte comment Tȟuŋkášila, après avoir apprit de nombreuses choses aux humains de la Tauri, décida de rentrer chez lui en emmenant avec lui les hommes-peau-de-serpent et les humains qui acceptèrent de le suivre. Il les guida alors à travers la roue de pierre et le tunnel de lumière vers leur nouveau monde : Tȟelyá Maka, la Nouvelle-Terre, et ses trois lunes.
    [/list]
    « Modifié: 25 janvier 2012 à 09:01:29 par Enki »
    Grand Esprit, Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi.

    « Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
    Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
    Ami, penche-toi sur quelqu'un qui pourrait bien pleurer.
    Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
    Ami, penche-toi sur quelqu'un qui pourrait bien pleurer.
     »

    Chant Yuwipi.

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    Re: Concours n°1 - Grand Esprit
    « Réponse #4 le: 18 avril 2011 à 19:30:59 »
    0
    Chapitre III : Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi (Danse avec les Loups)



    Vieil-Homme observe un moment son auditoire. Ils ne sont pas attentifs. Comment les en blâmer ? Rien de ce que raconte Vieil-Homme ne correspond à ce qu'ils connaissent. En fait, même Vieil-Homme ne connait cette époque que par les dire de ses propres ancêtres. Pourtant il doit leur transmettre l'Histoire. C'est important.

    Vieil-Homme tousse. Il a la gorge un peu irrité. Il faudra qu'il consulte l'homme-médecine afin de savoir quelle décoction préparer. L'homme-médecine lui répondra sûrement la même chose que d'habitude : écorce de Saule, thym et fleur de Lalaï séchée.

    Puis Vieil-Homme reporte son attention sur ce qui lui fait face... Des enfants... Grands et petits... Oui, voilà... Il leur raconte l'Histoire, c'est important. Vieil-Homme perd souvent le fil de ses pensées depuis quelques temps. Il doit se concentrer. Il s'éclaircit la voix et commence à raconter à nouveau. Comment leurs ancêtres sont arrivés ici, sur Tȟelyá Maka, comment ils ont découvert ces plantes et ces créatures qu'ils ne connaissaient pas. Comment Tȟuŋkášila a vécu parmi eux pendant plusieurs années, leur apprenant à chasser, à cuisiner, à préparer les peaux, à tisser...

    Et comment il changeait de conversation, chaque fois qu'un homme-médecine lui demandait « Grand-Père, Grand-Esprit, je te respecte, je te remercie, mais pourquoi nous as tu emmené sur ce monde ? ». Car, explique Vieil-Homme, même si seuls les volontaires avaient suivi Tȟuŋkášila, celui-ci n'avait pas donné de motivation particulière pour les avoir emmené avec lui... Mais les esprits n'ont jamais rien fait, ne font jamais rien et ne feront jamais rien sans raison.

    Puis un jour, Tȟuŋkášila s'en alla. Il disait qu'il partait vers son propre monde, Maȟpíya, retrouver sa femme. Il disait qu'il reviendrait. Et il laissa seuls les Tȟelyá Lakȟóta sur Tȟelyá Maka, pour la première fois.

    Et en effet, il revint... Mais bien plus tard : deux générations humaines s'étaient écoulées.

    Et pendant très longtemps, Tȟuŋkášila continua a faire des allers-retours entre son monde, celui des esprits, et la Nouvelle-Terre, où vivaient, et vivent toujours, les Nouveaux-Lakota. Durant ses absences, les Lakota s'employaient à transmettre l'enseignement de Grand-Père, à le préserver, et à vivre, autant que faire se peut, en harmonie avec le monde. Et quand Tȟuŋkášila se joignait à eux, ils apprenaient, encore, et encore, et encore, chacune de ces périodes était synonyme d'abondance.

    Un jour, un homme-médecine alla voir Grand-Esprit et lui demanda : « Grand-Père, Grand-Esprit, je te respecte, je te remercie, mais pourquoi nous as tu emmené sur ce monde ? ». Et ce jour là, Tȟuŋkášila répondit :

    « Je vous ai donné beaucoup, parce que je dois vous demander encore plus. Je dois vous demander un grand sacrifice. J'ai besoin d'un corps pour y placer mon enfant, afin qu'il puisse vivre parmi nous. »

    Devant l'air béas des enfants, Vieil-Homme se sent obligé d'expliquer que les Esprits n'ont pas de corps. Pour pouvoir interagir avec le monde, ils sont obligés d'en posséder un, de se substituer à l'esprit qui se trouvait initialement dans ce corps. Puis il explique alors quelles conditions posa Tȟuŋkášila sur le choix du corps qui devait lui être donné :

    « Un homme ou une femme qui a vu s'écouler au moins dix hivers. Il faut qu'il soit consentant à l'utilisation de son corps. Et il faut qu'il soit mourant, à cause de la maladie ou d'une blessure. Je prendrai son corps lorsque la mort aura emporté cet homme ou cette femme. »

    Puis, Vieil-Hommeleur explique :


    «  - Très vite, la demande de Tȟuŋkášila fit le tour des tribus de Nouveaux-Lakotas. Mais il n'est pas facile de donner son corps, surtout à un esprit, fut-ce t'il le Grand-Esprit, même après être mort. Aussi, il se passa plusieurs semaines entre le jour où Tȟuŋkášila demanda un corps pour son enfant, et celui où quelqu'un accepta.

    Il s'agissait d'un enfant qui avait vu douze hivers. Il s'appelait Louveteau-Curieux. Il avait toujours été de faible constitution, attrapant maladie après maladie. Et il savait qu'il ne vivrait plus longtemps. Il avait souvent observé Tȟuŋkášila dans sa quête d'un corps pour son enfant. Il avait vu la détresse dans le regard du Grand-Esprit, son désespoir aussi.

    Alors il alla vers Tȟuŋkášila et il lui dit qu'il donnerait son corps à son enfant.

    Tȟuŋkášila le remercia, et lui promit que l'enfant serait le plus heureux de tous, jusqu'à sa mort.

    Et il en fut ainsi. Jamais Louveteau-Curieux n'eut à souffrir de la faim ou de l'ennui. Toujours il trouvait en Tȟuŋkášila une oreille compatissante et un savant attentionné qui arrivait à alléger ses peines.

    Jusqu'à un matin d'été où Louveteau-Curieux ne se réveilla pas.

    Je ne peux guère imaginer, et encore moins vous décrire ce que ressentirent ses parents et ses amis, lorsque Tȟuŋkášila repartit avec le corps de l'enfant entre ses bras.

    Ce que je peux vous dire, c'est que trente jours et trente nuits plus tard, Tȟuŋkášila revint, et il était suivi par Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi, dans le corps de Louveteau-Curieux.

    Certains crurent que Grand-Père avait ramené Louveteau-Curieux à la vie. Mais il devint vite évident que ce n'était pas le cas. Bien que le corps fut celui d'un enfant, l'esprit était celui d'un Táku Wakȟáŋ, sans le moindre doute. Il ne garda pas le nom de son hôte : Louveteau-Curieux... Il ne prit pas non plus tout de suite le nom sous lequel nous le connaissons : Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi. Le nom qu'il portait à l'époque, ce nom là est tabou, et ne doit plus être prononcé.

    Comme son ascendance lui avait offert une parfaite connaissance des Esprits-Sacrés, il n'avait rien à apprendre d'eux. Par contre, Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi conserva quelques traits de caractère de Louveteau-Curieux : la joie de vivre, l'optimisme, l'ingéniosité, et surtout, la curiosité. Désireux d'apprendre plus de choses sur notre race, il demanda à son père l'autorisation de rester parmi nous. Grand-Père accepta. Mais lui-même ne pouvait pas rester : il devait régler des problèmes dans le monde des Esprits-Sacrés où de nombreuses guerres avaient lieu.

    Un tipi fut donc donné à Danse-avec-les-Loups pour qu'il puisse rester avec la tribu, tandis que les autres esprits s'en retournaient dans leur monde. Mais un malaise demeurait, et les membres des Lakotas n'osaient trop s'adresser à cet esprit qui vivait dans le corps d'un des nôtres. Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi en souffrait, mais il ne pouvait forcer les gens à l'adopter. Il resta donc très longtemps seul, ne recevant de la visite que lorsque quelqu'un était blessé et que sa science médicale était le dernier recours possible.

    Les autres esprits ne revenaient pas.

    Dix hivers plus tard, Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi avait l'apparence d'un jeune homme de quinze hivers.

    L'Histoire n'est pas très claire sur les détails... Mais une nuit, un jeune chasseur avait fait un pari avec d'autres : effrayés qu'ils étaient par le fils du Grand-Esprit, le pari consistait à lui dérober un objet sans se faire prendre... et risquer d'être maudit...

    La légende dit que Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi surprit le jeune chasseur, et que pour toute punition, il en devint le meilleur ami.
     »

    Un enfant jette une poignée de poussière dans le feu en soupirant :

    « - Je ne te crois pas, Vieil-Homme, c'est idiot. Si quelqu'un me vole, je le bats avec un bâton. »

    Vieil-Homme sourit d'un air paternel avant de répondre avec patience :

    « - Comme je te l'ai dit, l'Histoire est assez floue au sujet des circonstances précises de cette nuit... Je pense que Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi a d'abord été en colère, oui... Mais nul ne sait ce qui s'est dit cette nuit là. De plus, il faut prendre en compte que le jeune Esprit-Sacré était très seul depuis dix hivers. C'est certainement plus que ton âge. »

    Le garçonnet croise les bras, incrédule... Puis, lentement, il essaye d'imaginer ce que lui dit Vieil-Homme, ce que cela implique, comment il le vivrait lui-même... N'y arrivant pas, il décide de changer de sujet et demande :

    « - Qui était le chasseur ? »

    Vieil-Homme sourit à nouveau. Lui aussi avait essayé longtemps de comprendre les esprits-sacrés... Mais ceux-ci sont tellement différents des humains que ce n'est pas chose aisée... Enfin, il répond à la question :

    « - C'était un jeune homme qui avait une quinzaine d'hivers. Il était très fier, impudent aussi. Il se nommait Cheveux-au-Vent et était, de loin, le meilleur des jeunes chasseurs de l'époque.

    - Et il devint l'ami de Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi ? demanda une petit voix.

    - Leur amitié est légendaire. » Répondit Vieil-Homme.

    Alors, tout en comptant sur ses doigts, Vieil-Homme se met à énoncer un à un divers contes, fables et histoires que les mères des Nouveaux-Lakotas ont pour coutume de raconter à leurs enfants. Là une histoire parle de deux amis chasseurs, ici, d'un chasseur ami d'un animal parlant ou encore ailleurs, un chasseur ami d'un esprit. Et bien entendu, toutes ces histoires étaient inspirées de faits réels : les aventures de Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi, le fils de Grand-Esprit, et de son meilleur ami humain : Cheveux-au-Vent.

    Bien entendu, à ce décompte, les enfants s'excitent, se mettent à trépigner, réclament leur histoire préférée qui figure souvent dans la liste que fait Vieil-Homme...

    Mais Vieil-Homme referme la main et reste inflexible. Les petites histoires, plus tard, peut-être, mais d'abord, l'Histoire... C'est important.
    « Modifié: 22 janvier 2012 à 02:59:56 par Enki »
    Grand Esprit, Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi.

    « Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
    Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
    Ami, penche-toi sur quelqu'un qui pourrait bien pleurer.
    Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
    Ami, penche-toi sur quelqu'un qui pourrait bien pleurer.
     »

    Chant Yuwipi.

    Hors ligne Grand Esprit

    • Jeune Jaffa
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    Re: Concours n°1 - Grand Esprit
    « Réponse #5 le: 22 avril 2011 à 14:04:25 »
    0
    Chapitre IV : Haŋhépi Wí (Celle qui éclaire la nuit)



    À nouveau, Plume-de-Chwal laisse divaguer son imagination... Il a entendu presque toutes les histoires que Vieil-Homme a cité. Celle qu'il préfère est celle qui parle de deux jumeaux partant en quête du cœur d'une sorcière. Mais il n'avait jamais pensé qu'elle puisse être autre chose qu'une simple histoire. Ni que l'un des deux frères dont il est question était en fait Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi.

    Vieil-Homme reprend son récit, Plume-de-Chwal essaye de visualiser la scène... Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi est dans son tipi... Plume-de-Chwal imagine le fils de Tȟuŋkášila incarné dans un hôte de taille moyenne, plutôt trapu... Il doit avoir un visage fin et anguleux, noble et souriant, avec des yeux gris-bleus, vifs au regard profond. Comme il existe des centaines d'histoires sur Danse-avec-les-Loups et Cheveux-au-Vent, il doit s'être écoulé de nombreux hivers depuis qu'ils ont fait connaissance... Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi doit avoir l'apparence d'un jeune adulte. Il a les cheveux noirs et longs qu'il porte tressés. Un lacet de cuir lui ceint le front. Une plume d'aigle y est accroché derrière sa tête, dirigée en diagonale vers le bas. L'enfant imagine le fils de Grand-Esprit avec un pantalon en cuir de daim et une veste sans manche en cuir légèrement plus grossier, peut-être du bison, avec des anneaux de métal pour la fermer grâce à des boutons en os de bison. Sur son poignet droit, un loup est tatoué, c'est son animal-totem découvert lors de son imploration de vision qui fait aussi l'objet d'une histoire bien connue des enfants Lakota.

    Le tipi doit ressembler au tipi d'un homme-médecine, avec, disposés un peu partout, des herbes et des restes d'animaux utilisés dans les potions... Il doit aussi y avoir d'autres objets mystérieux que seuls les esprits utilisent. Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi doit avoir une pipe sacrée bien en évidence sur un petit autel. Puis quelques couvertures pour lutter contre le froid hivernal. Au centre du tipi, un petit feu doit crépiter en permanence.

    L'histoire de Vieil-Homme prend place à la fin de l'automne.

    Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi est dans son tipi, il fume du tabac dans la pipe sacré. Soudain, un froissement à l'entrée du tipi lui indique que quelqu'un veut entrer. Alors, le fils de Grand-Esprit invite son visiteur à venir. Le visiteur est Cheveux-au-Vent. Il doit avoir presque trente hivers. Il est grand, athlétique. Son visage est fin, ses traits sont élancés, il semble fait pour l'action. Ses yeux verts sont vifs et rieurs. Il porte un pagne en peau et une veste pratiquement identique à celle de Danse-avec-les-Loups. À son poignet est tatoué un renard.
    Cheveux-au-Vent retire ses mocassins et les pose à côté de ceux de Danse-avec-les-Loups, à l'extérieur du tipi. Puis il entre, et s'accroupit en face de Danse-avec-les-Loups. Le feu de camp crépite entre eux. Le fils du Grand-Esprit tend sa pipe sacrée à son ami qui l'accepte, tête penchée avec respect, puis la porte à sa bouche pour aspirer une bouffée de fumée avant de rendre l'objet à son propriétaire.

    Enfin, Cheveux-au-Vent annonce :


    « - Je vais l'épouser. »

    Danse-avec-les-Loups acquiesce en silence. Il sait que Cheveux-au-Vent parle de Souffle-de-Vent, la fille du chef de la tribu des Bisons-Roux, et dont il est tombé amoureux quelques mois plus tôt, lors d'une rencontre des braves des deux tribus pour la constitution d'un traité de paix.
    En son for intérieur, Danse-avec-les-Loups est jaloux. Oh, il a connu des femmes, certes, mais il n'est jamais tombé amoureux. On lui a conté mille histoires sur l'amour, il en a conçu une vision très romantique... Il voit l'amour comme une sorte de folie douce qui lie deux êtres jusqu'à la mort et même au-delà. Peut-être qu'il l'idéalise trop. Et aujourd'hui, Cheveux-au-Vent, son ami de toujours, connait l'amour, il va se marier, il va se lancer dans une nouvelle aventure. Un périple dans lequel Danse-avec-les-Loups n'a pas sa place. Et le fils de Grand-Esprit n'est pas sûr de pouvoir vivre lui-même un jour, une telle aventure.
    Mais Cheveux-au-Vent est son ami, il est heureux, il vit quelque chose de fort que Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi ne veut pas gâcher. Alors, le fils de Tȟuŋkášila sourit et murmure quelques formules auxquelles il avait pensé en voyant son ami courtiser la jeune femme. Il le félicite, il dit se réjouir pour lui. Il promet d'aider le couple et de le soutenir.
    Après cet échange, le silence retombe sur le tipi. Les deux amis se regardent tranquillement, se partageant la pipe sacré.


    « - Il faut maintenant que son frère soit d'accord. » Reprend Cheveux-au-Vent après un moment. En effet, il est de coutume chez les Lakota que ce soit les hommes qui accordent ou non la main des femmes aux prétendants... Mais ne vous inquiétez pas, celle-ci ont toujours eut leur mot à dire...
    Quoiqu'il en soit, Danse-avec-les-Loups acquiesce silencieusement, d'un signe de tête.


    « - Iras-tu voir le frère de Souffle-de-Vent pour moi ? » Là encore, il s'agit de la coutume : le prétendant envoie un proche, généralement son propre frère, auprès de l'homme qui doit décider de donner la main de la femme ou non pour avoir son accord et discuter de la dot. Cheveux-au-Vent a plusieurs frères et il les aime beaucoup. Qu'il demande à Danse-avec-les-Loups de se charger de la « négociation » est un grand honneur. Un peu l'équivalent de demander aujourd'hui à son meilleur ami d'être témoins à son mariage.
    À nouveau, Danse-avec-les-Loups acquiesce silencieusement, d'un signe de tête.
    Alors Cheveux-au-Vent se lève brusquement et lance d'un ton joyeux :


    « - Allons-y ! »

    Danse-avec-les-Loups contemple longuement sa pipe qui est maintenant éteinte. Puis il la pause délicatement sur l'autel et se lève à son tour. Il va à l'entrée de son tipi, saisit ses mocassins et les range soigneusement à l'intérieur, puis se met en quête de ses bottes, plus pratiques pour voyager. Cheveux-au-Vent sort du tipi, chaussant ses propres mocassins, et se dirige vers sa demeure afin de se préparer lui même.

    Quelques heures plus tard, les deux amis chevauchent de conserve, juchés sur leur monture. Cheveux-au-Vent parle beaucoup. De sa future épouse. De tous les présents qu'il fera à sa famille. De la pluie, du beau temps. Et de l'étrange femme qui parcourt les plaines depuis quelques mois. Il est dit que c'est la femme Bison-Blanc, un être appartenant au folklore indien et qui leur avait apporté la pipe sacré des siècles plus tôt. On dit que cette fois-ci, elle est venue apporter des connaissances de rites et de traditions pour permettre aux humains d'élever leur esprit.

    Mais Danse-avec-les-Loups ne parle que peu. La plupart du temps, il acquiesce silencieusement ou s'exprime par quelques signes de la main.

    Au début, Cheveux-au-Vent fait mine d'ignorer ce silence de la part de son ami. Mais rapidement, cela l'énerve. Finalement, il arrête son cheval et s'exclame :


    « - Bon, alors, quel est le problème !? »

    Danse-avec-les-Loups s'arrête à son tour et fait faire demi-tour à sa monture, pour se retrouver face à Cheveux-au-Vent.

    « - Quel problème ? »

    Sa voix est rauque et mal assurée, comme si il n'a pas parlé depuis des semaines. Il a l'air surprit. Cheveux-au-Vent s'en trouve (littéralement) désarçonné. Il hésite un instant, puis, s'appuyant sur son cheval pour se donner une consistance, il explique :

    « - Tu ne dis rien. Tu as toujours été quelqu'un de bavard. La pluie, le beau temps, le vent, les légendes... Tu t'enthousiasmais pour tout. Et là, rien ne semble t'intéresser. »

    Danse-avec-les-Loups hausse les épaules. En effet, rien ne l'intéresse, et alors ?

    « - Ça fait un moment que j'ai remarqué ça. Tu t'enfouis dans le silence. Tu n'as même pas l'air de t'en rendre compte... Mais chaque fois que tu t'en vas chez ton père, tu reviens un peu plus taciturne et silencieux. »

    Danse-avec-les-Loups fronce les sourcils... Il va rarement chez son père pour des visites de courtoisie... Plus souvent, c'est pour soigner une blessure grave acquise lors d'une aventure quelconque vécue aux côtés de son ami. Si Cheveux-au-Vent a raison, il y a un problème avec le sarcophage... Peut-être influe-t-il sur son humeur... Il faut dire que Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi se sent déprimé ces temps-ci, il n'a le goût à rien. Le fils de Grand-Esprit se promet d'en parler à son père et de ne plus utiliser le sarcophage tant que l'affaire ne sera pas claire. En attendant, pour laisser un os à ronger à son ami, il lui répond :

    « - Je suis préoccupé. Il y a de nombreuses guerres parmi les Esprits. Grand-Esprit est un diplomate, un idéaliste, il essaye de les calmer. Mais rien n'y fait, et la guerre s'étend. Tȟuŋkášila n'est pas un guerrier, c'est un homme de savoir, tout comme moi, il a le loup au pied de son totem. Si la guerre nous touche, tout ça tournera mal. »

    Ce n'est pas totalement vrai : la guerre fait effectivement rage. Mais l'empire de Tȟuŋkášila est respecté et il est peu probable qu'il subisse la moindre attaque. Aussi, Danse-avec-les-Loups n'est pas le moins du monde préoccupé par le conflit. Mais le mensonge a l'effet escompté. Cheveux-au-Vent accepte l'excuse de son ami d'un petit signe de tête accompagné d'une exclamation qui n'engage à rien. Puis ils reprennent leur route. D'abord en silence. Puis Cheveux-au-Vent recommence à parler. Il loue la sagesse de Grand-Père et pense rassurer Danse-avec-les-Loups en lui expliquant pourquoi la guerre ne peut pas les atteindre, et comment, si elle les atteignait, les braves Lakota se défendraient vaillamment, et vaincraient.

    Il faut chevaucher plusieurs jours pour atteindre le campement de la tribu des Bisons-Roux. Le soir du deuxième jour, les deux amis montent le camp dans une clairière au bord d'un lac. L'air est frais, mais encore doux pour une fin d'automne, le voyage est agréable. Ils décident de dormir à la belle étoile.
    Durant la journée, Danse-avec-les-Loups a attrapé un lièvre un peu trop aventureux grâce à un adroit lancé avec sa fronde. Cela leur offre un dîner presque copieux avec les quelques herbes, tubercules et fruits qu'ils ont pu récolter chemin faisant.

    Durant la nuit, Danse-avec-les-Loups se réveille en sursaut, sans savoir pourquoi. Il regarde à l'Ouest et voit une lueur, probablement due à un feu. Doucement, sans faire de bruit, il se lève et se dirige vers la source de la lumière.
    Après un bon quart d'heure de marche rapide et silencieuse, éclairé seulement par la lueur des trois lunes, Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi arrive au pied d'une colline passablement abrupte. Le feu semble se trouver de l'autre côté de la colline. Il décide de la gravir.
    Arrivé au sommet, il voit le fameux feu de camp, source de la lumière qui avait attiré son attention. Derrière le feu, se trouve une sorte de hutte en peau. Et devant la hutte, il y a quatre personnes : trois hommes assis et une femme debout en face d'eux, qui marche, décrivant de petits cercles, tout en leur parlant. « c’est une femme, d’une beauté que les mots sont bien pauvres pour décrire. Elle a un visage radieux, et elle semble flotter plutôt que marcher. Elle est vêtue dune peau de cerf blanche, bordée de franges, mais sans aucun ornement, qui l’enveloppe comme une robe longue. Ses cheveux, dénoués, flottent doucement au vent ; du côté gauche y est accrochée une touffe de poils de bison blanc. ».
    Les hommes l'écoutent avec respect. Elle leur explique que la hutte située derrière elle s'appelle un Inipi. C'est une hutte de sudation. Un endroit où ils doivent méditer pour obtenir des visions et pour que leur esprit devienne plus concentré et plus ouvert.
    Danse-avec-les-Loups l'écoute attentivement. Elle est belle, et ses paroles sont emplies de sagesse. Le fils de Grand-Esprit n'ose pas bouger, comme les anciens indiens n'avaient pas osé bouger en voyant voler le vaisseau spatial de Tȟuŋkášila : il est, parfois dans la vie, des apparitions si belles et magnifiques qu'elles semblent magiques et fragile, au point que respirer trop fort pourrait les briser. Danse-avec-les-Loups se sent bien. Il est loin du feu, mais il a l'impression que sa chaleur l'irradie. Un sentiment étrange l'inonde, apportant une drôle de sensation au creux de sa poitrine et à son bas-ventre.
    Soudain, un chuchotement le tire de sa rêverie :


    « - C'est la femme Bison-Blanc ! Je t'avais dit qu'elle était revenue ! »

    Danse-avec-les-Loups se retourne pour voir Cheveux-au-Vent ramper sur le côté, jusqu'à arriver à son niveau, souriant. Le fils de Grand-Esprit sourit à son ami, puis reporte son attention sur la cérémonie qui a lieu en bas. La femme a continué son laïus  et est en train de le finir :

    « -... N'oubliez pas que vous m'avez promis de me mener vers le fils de Grand-Esprit en échange de ce que je vous apprends, jeunes hommes-médecine. »

    Cheveux-au-Vent et Danse-avec-les-Loups se regardent à nouveau, l'air incrédule, avant de reporter leur attention sur la femme et les trois hommes. Ceux-ci expliquent qu'ils feront de leur mieux, mais ignorent où se trouve exactement Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi.

    « - Tu crois qu'elle est mauvaise ? » Chuchote Cheveux-au-Vent.

    « - Je ne pense pas. Répond Danse-avec-les-Loups, Ses paroles sont sages et reflètent la paix. »

    Cheveux-au-Vent réfléchit un moment puis demande à son ami :

    « - Elle te cherche, vas tu la rencontrer ? »

    Danse-avec-les-Loups se tourne sur le dos et observe les trois lunes, en réfléchissant... Finalement, il répond :

    « - Pas ce soir. La famille de ta future femme attend. Et puis Bison-Blanc est occupée. »

    Cheveux-au-Vent se retourne à son tour sur le dos, et murmure :

    « - On en a encore pour trois jour de cheval avant d'arriver au campement des Bisons-Roux. Au moins une journée sur place pour négocier avec le frère de Souffle-de-Vent. Et trois jours de mieux pour revenir. Bison-Blanc ne sera plus là dans sept jours. C'est peut-être ta seule chance de la rencontrer... Tu sais bien que dans ces vastes plaines, on peut chevaucher toute une vie sans rencontrer quelqu'un si on ne sait pas où chercher. »

    Danse-avec-les-Loups expire bruyamment. Il n'avait pas pensé à ça. Cependant, il rétorque :

    « - Si elle me cherche, c'est probablement une Esprit. Si elle est porteuse d'un message ou autre, je risque de devoir m'absenter. Potentiellement longtemps. Ton mariage passe en premier. »

    Cheveux-au-Vent acquiesce d'un grognement. Puis soudain, il se lève et se tourne vers la femme et les trois hommes. Puis, prenant une profonde inspiration, il hurle :

    « - FEMME BISON-BLANC ! »

    La petite assemblée lève des yeux surpris vers le chasseurs à fière allure. Mu par une soudaine timidité, Danse-avec-les-Loups reste caché. Cheveux-au-Vent hurle à nouveau :

    « - FEMME BISON-BLANC !

    JE SUIS CHEVEUX-AU-VENT, L'AMI DE DANSE-AVEC-LES-LOUPS !

    SOIT ICI DANS SEPT JOURS ! IL SERA LÀ !
     »

    Puis, comme il s'était levé, Cheveux-au-Vent retombe à plat ventre, tout sourire, et chuchote précipitamment à son ami :

    « - Maintenant, il faut partir en vitesse et en silence...! »

    S'en suit un long silence.

    Si long qu'il tire Plume-de-Chwal de sa rêverie.

    Vieil-Homme conclut alors :


    « - Les deux amis, les deux guerriers s'en sont repartis vers le campement des Bisons-Roux. Cheveux-au-Vent obtint la main de son aimée.

    Tandis qu'il préparait le mariage, Danse-avec-les-Loups s'en retourna vers le lieu où il avait vu celle que les nôtres appelaient Bison-Blanc.

    Son voyage de trois jours, seul, lui permis de fouiller le fond de son âme. Il comprit qu'il avait enfin trouvé ce qu'il jalousait chez son ami : l'amour. Il était amoureux de Bison-Blanc.

    Et la suite, et bien... C'est aussi une histoire que vous connaissez tous, mais comme elle concerne l'Histoire, je vais vous la conter telle qu'on la transmet aux enfants de nos jours :

    « Majestueuse créature, il se tenait droit
    En bordure d’un dense et mystérieux bois
    Ce loup qui avait capté son parfum
    Et l’avait cherchée toute la nuit, en vain

    Son ombre, évanescente sous le ciel étoilé
    L’avait conduit par instinct dans l’immensité
    Et alors qu’il la cherchait dans la noirceur
    L’amour et l’attachement avaient rempli son cœur

    En pensant au moment où il la rencontrerait
    Quelle preuve d’amour pouvait-il lui donner
    Alors, tout à coup, face à lui, dans une lueur
    Il distingua un endroit couvert de jolies fleurs

    De telles beautés, poussant au milieu des champs
    C’est sûr, elles seraient le plus beau des présents
    Il les cueillit soigneusement avec ses dents
    En se disant qu’il pourrait la conquérir, sûrement

    Les Esprits du Ciel observaient attentivement ce loup
    Dont le cœur était rempli d’un amour fou
    Ils rassemblèrent tous leurs pouvoirs mystiques
    Et lui offrirent une bénédiction magique

    Alors le loup eut des visions de son aimée
    Les fleurs sauvages prirent des couleurs nacrées
    Et selon la légende, il y eut une métamorphose
    Chacune des fleurs sauvages devint une rose

    Le cœur empli d’excitation, le loup était plein d’ardeur
    Lorsque enfin il vit sa louve, son âme sœur
    Il déposa devant elle les roses avec amour
    Alors qu’elle se blottissait  autour

    Enfin réunis, ils chantèrent leur joie en hurlant
    Leur amour durerait tout le temps
    Et il courraient maintenant ensemble dans la prairie
    Un amour pur et vrai peut façonner toute vie ». 
    »

    Vieil-Homme laisse retomber le silence. Cette partie de l'Histoire est si belle. Elle respire l'harmonie. Maudit soit celui-qui y a mit fin. Mille fois maudit soit-il.
    Reprenant son calme, Vieil-Homme conclut enfin :


    « - En fait, la femme s'appelait Haŋhépi Wí. Ses parents et ceux de Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi avaient organisé leur mariage bien avant leur naissance.
    Le fils de Grand-Esprit n'avait pas été tout à fait honnête : il aimait les humains, mais il vivait parmi eux, aussi pour se cacher de sa futur épouse, il ne voulait pas d'un mariage arrangé.

    Mais Haŋhépi Wí était têtue. On lui avait promis un époux. Elle voulait le rencontrer avant de décider si elle tiendrait tête à ses parents ou si elle l'épouserai. Elle était partie seule sur Tȟelyá Maka et avait échangé son savoir contre des informations sur l'endroit où pouvait se trouver Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi.

    Cette histoire est assez ironique : au premier regard, ils tombèrent amoureux l'un de l'autre.

    Aussi, puisque leur mariage devait avoir lieu, il fut célébré en même temps que celui de Cheveux-au-Vent. Ces amis avaient vécu ensemble des aventures incroyables. Et même leur mariage eut lieu le même jour. L'univers a connu peu d'amitiés comme la leur.
     »


    /hrp/ Bonjour.

    Veuillez noter qu'il est deux passages entre guillemets dans le texte. Il s'agit en fait de morceaux de textes qui ne sont pas de moi, des légendes ou morceaux de légendes sioux véritables que j'ai intégré au texte.

    Pour en savoir plus, contactez moi par MP. /hrp/
    « Modifié: 22 janvier 2012 à 03:00:09 par Enki »
    Grand Esprit, Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi.

    « Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
    Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
    Ami, penche-toi sur quelqu'un qui pourrait bien pleurer.
    Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
    Ami, penche-toi sur quelqu'un qui pourrait bien pleurer.
     »

    Chant Yuwipi.

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    Re: Concours n°1 - Grand Esprit
    « Réponse #6 le: 22 avril 2011 à 18:33:15 »
    0
    Chapitre V : Maȟpiyataŋhaŋ Naǧi (L'Ombre qui provient du Ciel)



    « - Les mariages furent célébrés très rapidement. Les deux tribus se rejoignirent dans une vaste plaine. Cheveux-au-Vent était un guerrier aimé et apprécié, avec une grande famille qui voulait que ce jour soit exceptionnel. Souffle-de-Vent était la fille d'un chef respecté et riche qui souhaitait le meilleur pour sa fille, comme tout père.

    Mais il y avait quelque chose de spécial, cette fois ci.

    Les Esprits-Sacrés avaient eux-aussi envahis la plaine. Des collines volantes et d'immenses oiseaux de fers étaient disséminés ça et là. Des Hommes-peau-de-serpent et des Hommes-aux-yeux-de-feu se mêlaient aux humains et devisaient avec eux comme si la chose était habituelle et la plus naturelle du monde.

    On raconte que tous le monde était joyeux et que seule une dispute vint ternir le tableau : Grand-Esprit et son frère vinrent à parler de la politique des Esprits. Le frère de Grand-Esprit, Akíčhita íŋyaŋ, voulait prendre les armes et mettre fin à la guerre par la force pour offrir en héritage à son fils, Jygga, un empire sain et prospère. Grand-Esprit voulait user de la diplomatie, comme il l'avait toujours fait jusque là. Les deux frères étaient vraiment fâché. Akíčhita íŋyaŋ, qui avait pour hôte un humain, avait le visage tout rouge. Mais Grand-Esprit eut le dernier mot, et la guerre n'eut pas lieu.

    La fête reprit.

    Un prêtre unit les deux couples en liant leurs mains d'une étoffe pourpre, devant un crâne de bison, tout en récitant des prières rituelles alors que la fumée de kinnickinnick

     (NDA : sorte de tabac obtenu avec l'écorce de saule rouge) l'enveloppait.

    Puis on mangea et on bu, nourritures et boissons rares et raffinées préparées en abondance et venues d'étoiles lointaines.

    Le prêtre était certain que ces deux mariages seraient heureux.

    Quelques mois plus tard, Haŋhépi Wí donnait naissance à une petite Fille-Esprit. Comme les enfants-esprits ne peuvent pas vivre directement dans un hôte, Akíčhita íŋyaŋ offrit au couple une jeune femme. Aujourd'hui, on l'appellerai une Táku Wakȟáŋ hokší. A l'époque, on la qualifiait de « Jaffa ». La jeune Fille-Esprit fut nommée Maȟpiyataŋhaŋ Naǧi et elle faisait le bonheur de ses parents.

    Quelques mois plus tard, c'est un enfant humain qui naissait de l'union de Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi et Haŋhépi Wí, un petit garçon. Aujourd'hui, les Esprits-Sacrés n'ont plus le droit d'avoir des enfants humains... Parce que l'enfant humain garde une partie des pouvoirs des Esprits-Sacrés qui l'ont conçu. On appelle Arsyésis l'enfant humain de deux Esprits-Sacrés.

    Le mariage de Cheveux-au-Vent et Souffle-de-Vent était moins fécond. Ils n'arrivaient pas à concevoir d'enfants. Haŋhépi Wí, qui était une grande femme-médecine leur dit d'attendre, qu'un enfant viendrait en son temps.
     »

    Vieil-Homme se tait et saisit une petite crécelle qu'il avait posé sur le sol avant de commencer son histoire. Alors il l'agite, pour éloigner les mauvais esprits. Puis il reprend.

    « - C'est une année après le mariage que débuta la folie. Contre l'avis de son frère, Akíčhita íŋyaŋ leva soudain une armée et partit en guerre pour ramener la paix par la force dans l'univers.
    Alors que sur Tȟelyá Maka le mariage de Cheveux-au-Vent et Souffle-de-Vent leur offrait enfin un enfant, alors que les enfants de Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi et Haŋhépi Wí grandissaient lentement... La guerre resserrait son étau sur nos cieux.

    Le mensonge de Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi cessa d'en être un. De plus en plus, la guerre qui faisait rage le préoccupait. Haŋhépi Wí lui disait de ne pas s'en faire, que c'était l'affaire de leurs parents. Mais Danse-avec-les-Loups commençait à craindre que ses propres enfants ne soient pris dans un conflit meurtrier, que ses amis n'en pâtissent. D'autant qu'à court terme, son oncle et son cousin, Akíčhita íŋyaŋ, et son fils, Jygga étaient particulièrement exposés puisqu'ils avaient prit part à la guerre.

    Et bien sûr, ce qui devait arriver arriva... Une alliance temporaire des ennemis de Jygga et son père vint à bout de leurs défenses. L'oncle de Danse-avec-les-Loups périt dans l'attaque, mais son cousin, Jygga, grièvement blessé, fut sauvé par les forces que Grand-Père envoya à leur secours.

    Jygga fut envoyé sur Tȟelyá Maka afin de se cacher et de soigner ses blessures. Il vécu près d'une année avec Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi et Haŋhépi Wí. Tous s'entendaient bien.

    Mais la vengeance couvait en son cœur. Il ne pouvait se contenter de rester caché parmi les Tȟelyá Lakȟóta ni d'attendre que Grand-Père se décide enfin à entrer dans la guerre pour l'y rejoindre.
    Alors un soir, il partit et alla dans le palais de Grand-Père. Il lui dit :

     « - Tȟuŋkášila, je sais que vous réprouvez la guerre. Mais elle sera bientôt à vos portes. Refusez de lever une armée, c'est tout à votre honneur. Mais laissez moi au moins élaborer des technologies qui retarderont l'avancée de nos ennemis lorsqu'ils tourneront vers nous leurs glaives maculés de sang. Gagner quelques années vous permettra de lever une armée pour réagir... Et si vous réussissez. Si la diplomatie a raison de la guerre... Alors mes technologies ne serviront à rien, et nous pourront nous en débarrasser. »

    Ses arguments étaient bons. Et Grand-Père savait qu'il avait besoin d'un exutoire à sa colère. Il lui offrit un laboratoire, des ressources, des équipements, et Jygga put commencer ses expériences.

    Surprit par le départ soudain de son cousin, Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi alla à son tour voir Grand-Père pour savoir de quoi il retournait. Tȟuŋkášila lui expliqua tout. Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi rejoignit donc son cousin dans son laboratoire afin de discuter avec lui. Il voulait le convaincre de cesser ce courir après la guerre. De revenir parmi les humains. De profiter de la paix... De fonder une famille.

    Mais c'est l'inverse qui se passa. Jygga comprit très vite que les doutes et la peur étreignaient le cœur de Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi. Il lui expliqua que ces sentiments étaient fondés. Que la guerre allait venir. Et qu'elle les trouverait sans défenses, cachés chez des humains primitifs qui seraient réduit en esclavage. Alors... Danse-avec-les-Loups décida qu'il était de son devoir d'aider son cousin à élaborer des technologies pour repousser l'ennemi.

    Dès lors, il passa son temps à transiter entre le laboratoire de Jygga, situé dans les sous-sols du palais de son père, et Tȟelyá Maka où se trouvait sa famille et ses amis.

    On prétend qu'un jour, Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi s'en était retourné auprès de sa famille à la veille d'une expérience très dangereuse qui aurait fait aboutir des mois de recherche. Jygga, qui ne pouvait attendre, lança, seul l'expérience, qui tourna mal. Et il en périt.

    Grand-Père fut obligé de ramener Jygga à la vie.

    Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi conçut un grand remord de n'avoir pas été là pour empêcher son cousin de se mettre en danger. Aussi, il décida de quitter Tȟelyá Maka et d'aller vivre avec sa famille sur Mahpiya, le monde des Esprits, où se trouvait le palais de son père.

    Alors, avec Jygga revenu à la vie, ils se lancèrent à corps perdu dans l'élaboration de nouvelles armes. Jygga était amer, plein de hargne, de regrets, de haine. Au point qu'un jour, Haŋhépi Wí confia à Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi que Jygga lui faisait peur. Mais Danse-avec-les-Loups balaya les craintes de sa femme d'un revers de la main, et continua à travailler avec le fils du défunt Akíčhita íŋyaŋ.

    Mais Haŋhépi Wí n'aimait pas cette nouvelle vie. Après un hiver passé sur Mahpiya, elle décida de retourner sur Tȟelyá Maka. Cheveux-au-Vent et Souffle-de-Vent veilleraient sur elle et ses enfants. Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi n'aurait qu'à venir lorsque les expériences seraient moins intenses.

    Et c'est en effet ce qui se passa.

    Jusqu'à...
     »

    À nouveau, Vieil-Homme agite fébrilement sa crécelle. Il transpire. Il est nerveux. Mais il continue l'Histoire, il doit finir de la raconter, c'est IMPORTANT !

    « - Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi n'était pas le seul à faire des allers et retour entre notre monde et celui des esprits. Quand elle s'ennuyait de lui, Haŋhépi Wí partait le rejoindre.

    Un jour, Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi reçu un message : Haŋhépi Wí arriverait dans la soirée. Cheveux-au-Vent et sa femme l'escorteraient jusqu'à la porte des étoiles.

    Il ne l'avait pas vu depuis un moment, il décida d'aller à sa rencontre pour lui faire plaisir.

    Il arriva sur Tȟelyá Maka en fin d'après midi. C'était la fin de l'été, il faisait chaud et humide. Il était seul. Mais il connaissait bien ces terres. Il savait par où passeraient sa femme et ses amis, il savait comment les rejoindre. Il devait descendre une colline, traverser un petit bois, s'engager dans un vallon, le long d'une rivière...

    C'est là qu'il les aperçut. Les enfants n'étaient pas avec eux. Il n'y avait que Haŋhépi Wí, Cheveux-au-Vent et Souffle-de-Vent. Tout le monde souriait, c'était de joyeuses retrouvailles.

    Du mois, ça aurait du l'être.

    Soudain, une ombre s'abattit du ciel et s'arrêta juste au dessus de la femme de Danse-avec-les-Loups et de ses amis. Des anneaux de pierre en tombèrent. L'intérieur des anneaux s'illumina, puis les anneaux disparurent, laissant voir une troupe entière de Táku Wakȟáŋ hokší en armure. Ils étaient au service du maudit. Celui dont le nom est tabou.
     »

    Vieil-Homme crache par terre. Une lueur de haine brille au fond de son regard.

    « - Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi comprit qu'il y avait danger. Il se mit à courir vers sa femme et ses amis. Mais il était trop loin pour faire quoi que ce soit.

    Les soldats lancèrent la foudre sur Cheveux-au-Vent et Souffle-de-Vent, les tuant sur le coup. Puis ils firent de même avec Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi. Ensuite, ils entravèrent Haŋhépi Wí et l'emmenèrent.

    Bien après, s'inquiétant de ne voir son fils revenir, Grand-Père fit envoyer une troupe chercher Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi. Ils trouvèrent son cadavre et celui de ses amis. Grand-Esprit tenta de les ramener tous les trois à la vie. Mais seul Danse-avec-les-Loups revint du monde des morts. Du moins, c'est ce qu'il semblait.

    À son réveil, il trouva Jygga à son chevet. Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi lui demanda si ils avaient sauvé Haŋhépi Wí, mais Jygga lui expliqua que personne ne savait où elle était.
    Alors Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi demanda à voir ses ses amis, mais Jygga du lui expliquer qu'ils étaient morts.
    Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi sentait la haine monter en lui. Tout ce contre quoi Jygga l'avait mis en garde. Tout cela venait d'arriver.
    Tout ce qu'il avait fait ces dernières années pour éviter que ça se produise... Tout cela n'avait servit à rien.

    Il se leva brusquement. Jygga lui murmurait qu'il fallait prendre les armes, pour venger Akíčhita íŋyaŋ, Cheveux-au-Vent, Souffle-de-Vent, pour sauver Haŋhépi Wí pour protéger ses enfants.

    Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi s'habilla et traversa le palais à grands pas, jusqu'à trouver son père, qui organisait des équipes de sauvetages.

    Père, lui dit-il, c'en est assez de plier devant ceux qui nous attaquent. Prenons les armes !

    Mais Grand-Père ne se laissa pas désarçonner. Il ne voulait pas prendre de décision sous le coup de la colère. Il pensait toujours pouvoir régler les choses grâce à la diplomatie, comme il l'avait toujours fait.

    Cependant, Danse-avec-les-Loups ne voulait pas en démordre. Il voulait une armée. Il détruirait la galaxie si il le fallait pour retrouver sa femme, venger ses amis et mettre sa famille à l'abri. Il pausa alors un ultimatum à son père : soit il lançait la guerre, soit il le reniait en tant que père.

    Tȟuŋkášila savait qu'on pouvait dire des choses horribles sous le coup de la douleur, de la peine et de la colère. Alors il ordonna à son fils de retourner se coucher.

    Mais Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi était bien au delà du simple stade de la colère. Et le refus catégorique de son père accompagné de cet ordre de ne rien faire et d'attendre eut raison de ce qui restait de sa raison. Rendu fou par la haine et la rage, Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi se jeta sur son père et le frappa, le frappa, le frappa encore.

    Jusqu'à ce que celui-ci tombe. Pour ne jamais se relever.
     »
    « Modifié: 22 janvier 2012 à 03:00:26 par Enki »
    Grand Esprit, Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi.

    « Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
    Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
    Ami, penche-toi sur quelqu'un qui pourrait bien pleurer.
    Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
    Ami, penche-toi sur quelqu'un qui pourrait bien pleurer.
     »

    Chant Yuwipi.

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    Re: Concours n°1 - Grand Esprit
    « Réponse #7 le: 22 avril 2011 à 19:58:55 »
    0
    Épilogue : Vieil-Homme



    Soudain, un bruit assourdissant retentit, comme si la foudre tombe. Un nuage de poussière s'élève tandis que quelque chose jaillit vers Vieil-Homme qui le rattrape au vol. Un Esprit-Mica, un garde chacal surgit hors de la fumée et se dirige droit sur Vieil-Homme. Dans le campement, c'est la panique. Les femmes hurlent. Les hommes courent mettre leur famille à l'abri.

    Vieil-Homme baisse les yeux. C'est le corps de Plume-de-Chwal qu'il a rattrapé au vol. Il lui manque la moitié du visage. Son œil restant contemple sans le voir le ciel étoilé et ses trois lunes.

    Le garde chacal arrive à côté de Vieil-Homme, et, d'un mouvement ample et gracieux, il lui assène un énorme coup de lance sur la tempe. Faisant tomber le conteur, évanouit. La dernière vision de Vieil-Homme est celle de plusieurs gardes chacals dévastant le campement en aboyant des ordres que personne n'écoute dans la panique.

    Mahpiya, la terre des Esprits, est un monde qui respire la spiritualité. Oh, aucun être humain n'en est jamais revenu, ce monde leur est strictement interdit. La porte des étoiles est située dans une vaste plaine, entourée de forêts denses. Les jaffas à la solde de l'actuel Grand-Esprit, Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi, habitent les endroits qui leur plaisent et sont dispersés un peu partout sur la planète, en petites communautés. Se déplacer à pieds sur ce monde tiens de la pure bêtise. Les distances entre les points importants sont tellement considérables qu'il faut au moins un cheval pour les couvrir en moins d'une semaine... Le mieux étant, bien sûr, de disposer d'un planeur de la mort.

    Le palais du Grand-Esprit est une construction curieuse : il s'agit d'un des seuls palais Goa'uld troglodyte. Il est situé dans une caldeira très haute, mais assez petite en superficie, issue d'un volcan éteint. Les parois circulaires de la caldeira sont creuses et forment des centaines, voir des milliers de salles qui témoignent de la splendeur d'antan de la dynastie de Grand-Esprit : il était une époque où toutes ses salles étaient habitées par des goa'ulds, des courtisans ou des membres de la famille de Grand-Esprit.

    Désormais, l'essentiel du palais est désert, et seule la famille royale et une partie de son armée l'habite.

    Le centre de la caldeira est entièrement rempli par un lac profond. Une flèche de pierre polie émerge du centre des eaux noires : il s'agit du site d'atterrissage du vaisseau amiral de Grand-Esprit, la montagne volante dont parlent les légendes.

    Pour l'heure, Grand-Esprit est dans sa salle des audiences. Il porte un pantalon en daim brodé de perles de métal précieux et une chemise en peau d'une finesse extrême, elle aussi brodée. À ses pieds, il porte des mocassins qui semblent bien confortable. Mais quiconque entrerait dans la salle ne regarderait pas plus le style de ses vêtements que le confort apparent de ses chaussures : Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi porte son masque de métal, représentant le visage d'un vieil indien couronné d'une coiffe de plumes d'aigle descendant jusqu'au sol. La coiffe aussi est en métal, mais elle est articulée, de sorte qu'elle est très similaire à une vraie coiffe en plumes d'aigle. À sa droite se tient une jeune fille d'environ 12 ans. Elle a les yeux vifs, si sombres qu'ils en paraissent noirs. Ses cheveux châtains sont raides et longs, noués en queue de cheval. Sa bouche fine est étirée en un sourire qui fait droit dans le dos. Globalement, tout dans cette enfant déstabilise celui qui la regarde pour résumer, nous pourrions dire que c'est le corps d'une enfant... Mais que ce n'en est pas une. Et cela ne pourrait être plus vrai, puisqu'il s'agit en fait de Maȟpiyataŋhaŋ Naǧi, la fille de Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi. Elle n'a pas jugé bon de se vêtir se matin et s'est juste enroulée dans une grossière peau de bison.
    À gauche de Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi se tient un jaffa, son casque est aussi en place, de sorte qu'il semble avoir le corps d'un indien athlétique et la tête d'un loup de métal. Il s'agit d'Haokah bien sûr, le prima de Grand-Esprit.

    Au sol gît un corps ensanglanté.

    Trois gardes chacals font soudain irruption, ils portent un lourd fardeau. Ils ont l'air joyeux. « Nous l'avons trouvé ! », crie l'un d'eux. Alors ils jettent au sol, sans ménagement, le corps qu'ils étaient en train de porter. Cela réveil Vieil-Homme qui écarquille les yeux.

    Grand-Esprit fait un geste de la main. Aussitôt, Haokah va chercher le corps gisant par terre et l'approche de Vieil-Homme. Une large main se plaque contre l'épaule gauche de Vieil-Homme tandis qu'une autre empoigne sa mâchoire et le force à ouvrir la bouche. L'homme que porte Haokah est couvert de sang, mais une leur dans ses yeux indique qu'il n'est pas mort. Haokah apporte son visage au niveau de celui de Vieil-Homme. Soudain, celui-ci ressent une terrible douleur au fond de sa gorge. Haokah relâche le corps de l'homme qu'il était en train de porter. Les mains qui tiennent Vieil-Homme le lâchent soudain. Une petite voix dit alors d'un ton trainant :


    « - Voilà des siècles que nous te cherchions, petit-frère... Aurais-tu oublié ta famille ? »

    C'était Maȟpiyataŋhaŋ Naǧi, elle semble s'être adressée à Vieil-Homme. Celui-ci veut profiter que les mains l'ont lâché, mais au lieu de ça, il sent ses lèvres s'étirer en un sourire.

    « - Heureusement que ta condition d'Arsyesis t'a maintenu en vie assez longtemps pour que nous ayons cette petite réunion de famille... Et rassures toi, ta trahison est pardonnée... Grâce à toi... Ou plutôt... Grâce à ton corps, nous ne tarderons plus à retrouver mère. »

    Vieil-Homme voudrait crier, il voudrait fuir. Il... Il voudrait même paniquer, mais rien de tout cela ne se passe. Au lieu de ça, il s'entend faire un rapport d'espionnage : il sait où se trouve Haŋhépi Wí. La guerre peut être déclarée.


    FIN
    « Modifié: 22 janvier 2012 à 03:00:44 par Enki »
    Grand Esprit, Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi.

    « Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
    Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
    Ami, penche-toi sur quelqu'un qui pourrait bien pleurer.
    Les tonnerres s'arrêtent dans un cercle.
    Ami, penche-toi sur quelqu'un qui pourrait bien pleurer.
     »

    Chant Yuwipi.

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    Re : Concours n°1 - Grand Esprit
    « Réponse #8 le: 24 janvier 2012 à 18:54:54 »
    0
    Je commence!

    1/Cohérence:
    Rien à redire, l'histoire prend vraiment racine au début du début du commencement de la création des Goa'ulds.

    2/Expression:
    On comprend parfaitement les phrases, on s'imagine très bien les scènes. J'ai peut-être croisé un "se" au lieu d'un "ce", mais c'est bien tout ce que j'ai retenu...

    3/Intérêt:
    J'ai relu ce qu'il y avait déjà avant, et la suite d'une traite. C'était addictif, au début, j'ai dû m'adapter au contexte qui changeait, mais une fois fait (environs le temps de lire 5 lignes je dirais...), j'ai pas arrêté.

    4/Cheminement:
    Tout s'assemble comme un puzzle bien fait. On ne s'attend pas à ce qui peut arriver... De quoi se plaindre?

    5/Appréciation globale:
    ça m'avais semblé long avant de démarrer. Quelle sottise n'avais-je pas pensé! J'en viens presque à regretter que ce ne soit pas plus long...


    1/Cohérence: 10/10

    2/Expression: 10/10

    3/Intérêt: 10/10

    4/Cheminement: 10/10

    5/Appréciation globale: 10/10

    Total : 10/10


    Guerre, Apôtre de l'Ombre des puissants Kiengis sous l'égide de l'Être Suprême.
    Le bras armé de l'Être Ultime.