Chapitre 1 : Probabilités
Le Goa'uld naquit dans une illustre famille. A cette époque, cette dernière prospérait sous l'avisée direction de Tȟuŋkášila. Grand Père était un leader naturel qui aspirait à la paix et à la grandeur de son clan. Fin diplomate doublé d'un brillant chercheur, il pensait que la connaissance libèrerait son peuple. Sa sagesse semblait absolue. Mais comme dans tout Éden, un serpent finit par apparaître. Un savant, Telchak, créa une machine fantastique, le Sarcophage. Ce dispositif avait pour but de guérir de tout les maux, chose que les symbiote Goa'uld faisait déjà, mais il pouvait également ramener les morts à la vie, et apporter l'immortalité à son possesseur. La plus part y virent la promesse de la liberté absolue, la libération du temps lui même.
Seulement certains, plus rationalistes, y virent une possible menace. Nul ne pouvait dire avec certitude si l'utilisation de l'engin était sans risque, ni même si il pouvait maintenir en vie indéfiniment. Et si tel était réellement le cas, comment la société évoluerait elle face à ce bouleversement. Grand Père était de ceux là, suspicieux, avant tout pour le biens de siens. Pourtant, même lui finit par céder, pas pour garder la vie éternelle, mais pour l'offrir. La vie lui avait donné un fils, un successeur pour sa glorieuse et noble famille.
Mais cette naissance n'arriva pas seule. En effet, le frère de Tȟuŋkášila avait lui également eu un fils. Akíčhita Íŋyaŋ ne souhaitait initialement de descendance, il était le premier général, un grade dès plus symbolique quand le Wakȟáŋ Tȟáŋka prônait la paix. Avant ce jour, jamais il ne se plaignait, malgré son rôle se bornant à des opérations de sécurité et de maintient de la paix. Cela lui convenait. Mais la situation avait commencée à se dégrader. Les esbroufes se faisaient fréquentes, et les guerres se faisaient plus nombreuses que d'accoutumée, depuis plusieurs années. Tout ce déroulait bien loin des territoires de la famille, mais déjà, Guerrier Roche souhaitait que ses troupes deviennent une grande armée, qui pourrait défendre son fils, et offrir à tous une paix durable, quitte à l'imposer. Il alla donc soumettre son idée à Tȟuŋkášila.
Celui ci refusa, affirmant que la diplomatie devait perdurer, et qu'elle finirait par forcer les murs des esprits pour leur faire voir la sagesse. Akíčhita Íŋyaŋ eu l'impression de s'adresser à un mur. Comment Grand Père, qui était si sage, pouvait il ne pas voir le danger qui se profilait à l'horizon. Alors que son fils allait pour la première fois prendre un corps, il ne suivit pas le rituel habituel. Puisque les habitudes du clan allait le mettre en danger, il fallait tout changer. A commencer par sa descendance. Il lui donna le nom de Jygga, « L'Ordre » dans la première langue. Son fils serait le fer de lance de son plan, celui qui ferait cesser le chaos dans lequel la civilisation Goa'uld s'engouffrait un peu plus à chaque instant.
Les années passèrent, et Jygga grandit. Il fut instruit par les meilleurs professeurs, dans tout les domaines qui soient. Il était extrêmement curieux, poussé par une soif intarissable de connaissance. Aussi étrange qu'il puisse paraitre, il lui semblait vitale de comprendre ce qui liait toutes choses et surtout pourquoi. Durant cette période, il ne vit que peut son père, qui tentait de rallier des partisans pour se préparer face à cette apocalypse à venir, tel un prophète. N'ayant que peu de contact avec l'extérieur mise à part ces précepteurs, il se forgea une personnalité pour le moins spéciale, délaissant toute forme de socialisation au profit des chiffres, pour lesquels il développa une puissante adoration. Il se mit à tout exprimer, aussi bien le physique que l'immatériel, sous forme de statistiques, de probabilités et d'équations.
Les jours devinrent des semaines, les mois devinrent des années. Ces mentors n'avaient plus rien à lui enseigner, et ils partirent les uns après les autres. Il fut plus seul que jamais, mais étrangement, peut être par habitude, cela lui convenait. Personne pour le contredire ou lui donner des ordres. Le monde l'attendait. Il s'était fixé son but, son père souhaitait la paix et l'ordre, Jygga l'imposerait grâce à ses compétences. Il pensait partir gagnant, il préparerait un plan parfait, prendrait en compte chaque variable. Il n'y aurait pas de place pour l'imprévu. Dès ce jour, il choisit son titre, celui de Seigneur de l'Ordre.
Cette fois encore, le temps s'écoula, le jeune Seigneur se jeta à corps perdu dans son projet de calculs prévisionnels globaux. Ce dernier avait pour but de prévoir les conflits à venir, afin de faciliter le maintient de la stabilité géopolitique. Rien ne pouvait le perturber, avec pour seul compagnon de puissants ordinateurs, ces années auraient semblé ternes et monotones à quiconque, mais le Goa'uld trouvait un plaisir immense dans l'assouvissement de son obsession. De plus il savait qu'il contribuait à stabilisé l'avenir de sa grande famille, mais également le futur de toute son espèce.
Satisfait de son train de vie, sa routine quotidienne le rassurait. Mais comme le reste, elle ne fut éternelle. Il fut arracher à son calme par son père lui même. Après des dizaines d'années d'absence, et comme si de rien n'était, il pénétra dans l'antre du fils prodigue.
« -Nous sortons fils. Prépare toi avec hâte. Les épousailles de ton cousin n'attendront pas. »
L'évènement était de taille au sein du clan. Celle-qui-éclair-la-Nuit et Danse-avec-les-Loups étaient promis l'un à l'autre depuis toujours, et pourtant ils avaient toujours été réservé quand à ce mariage « forcé ». Il était amusant qu'il soient tombés éperdument amoureux en tant qu'inconnus, c'était d'ailleurs l'objet des drôleries du moment. De plus, deux unions seraient célébrés, l'une divine, l'autre mortelle. Les noces furent magnifiques, à la fois simple et grandiose, une occasion magique loin des problèmes politiques, un instant de perfection et de pure bonheur qui semblait transcender la réalité. Une entente parfaitement complémentaire entre les Hommes et les Goa'uld.
Il n'y eu qu'une anicroche, au moment ou « le sujet qui fâche » fut abordé. Akíčhita Íŋyaŋ tenta de convaincre Tȟuŋkášila qu'il devenait nécessaire de réagir. Il souhaitait lui ouvrir les yeux, se servant de ce moment comme prétexte, lui affirmant que tout ce qui faisait de ses terres un paradis n'existerait bientôt plus, et que l'unique solution consistait à frapper les premiers, et à imposer la paix par les armes. Mais Grand-Père était le Wakȟáŋ Tȟáŋka, et il s'y refusa. Guerrier Rocher sentit la colère montée en lui, comment le chef de la famille pouvait rester idéaliste malgré les faits; Partout, dans les cieux, la guerre s'installait, faisant à chaque seconde plus de mort.
Néanmoins il prit sur lui, ne souhaitant pas gâcher ce grand moment pour Šuŋgmánitu Tȟaŋka Ob'wačhi et Haŋhépi Wí. Il avait comprit, il ne recevrait ni aide ni approbation de son frère. Il allait utiliser les mois a venir pour tout mettre en place. Jygga l'accompagna cette fois, il serait ca preuve, son symbole et son courage. Il savait qu'il pourrait lui faire confiance en tout temps. Les mois passèrent, et c'est dans l'ombre que le recrutement commença. Peu de Goa'ulds se joignirent à lui, il se tourna alors vers les Hommes, pensant qu'il devait savoir la vérité, et devait pouvoir choisir.
Il leur dit alors qu'une guerre sans pareille faisait rage dans le monde des esprits. Que dans les étoiles, d'autres esprits avaient été corrompu, et qu'ils n'utilisaient plus leur magie pour le bien. Il s'abaissait à toutes les vilénies possible, souhaitant noyer toute la création dans les ténèbres et le froid. Il leur dit que Grand Esprit ne voulait pas combattre, qu'il voulait les résonner, mais qu'il était impossible de calmer une bête en furie, aveugler par la haine et assoiffé de sang. Il ne demanda ni n'exigea rien. Il révéla simplement que lui comptait combattre pour que les Esprit et les Hommes puissent vivre en paix et en harmonie. Contre toute attente les humains firent preuve d'un courage sans borne, s'organisant dans le secret le plus totale, faisant circuler l'appel aux volontaires.
Pendant ce temps, loin de ces intrigues, Celle-qui-éclair-la-Nuit avait donnée naissance, aussi, Akíčhita Íŋyaŋ leur offrit un corps pour que la jeune Goa'uld puissent s'habituer à la physionomie humaine, tant pour se faire pardonner de son incartade au mariage, que pour l'affection qu'il leur portait. Voilà plusieurs mois qu'il tentait en vint de guérir une jeune fille d'une petite tribu isolé à l'ouest du monde. Elle avait accepté de porter en son ventre la jeune esprit avec une joie non cachée.
Puis le grand jour arriva enfin. En à peine une année, la situation s'était dégradé, et les pires prévision de Jygga s'étaient réalisée, déjà, de frêles alliances s'étaient montées, et sur de nombreux mondes, la guerre ne cessait désormais que pour laisser place à la suivante, ne laissant que mort, ruine et désolation. Ils vinrent alors par centaines des quatre coins des mondes de tout l'empire. Tous d'horizon différents, d'un pas commun, ils montèrent dans les immenses vaisseaux spatiaux, ignorant l'horreur de ce qu'ils allaient vivre.
Il est normal de se poser une question. Si ils avaient su qu'en partant ce jour fatidique qu'ils allaient tant souffrir au point même de perdre leurs âmes. Si ils avaient su qu'il verraient plus d'horreur que leurs esprits ne pouvaient imaginer. Si ils avaient su que finalement, ils allaient tous mourir loin de ceux qu'ils aimaient. Ce jour là, auraient ils fuient ?