hrp/ Et voici la suite. Bonne lecture. /hrp
Acte II : Deux coqs vivaient en paix, une poule survint.
Chacun vaquait donc à ses occupations habituelles dans la ville : M. Groin prenait soin de sa peau avec un bain de boue, Mme. Bic s’occupait du jardin et des fleurs et, au-dessus de toute cette foule affairée, régnaient les frères Cot, les deux coqs de la basse cour. C’était eux qui réglaient la vie de toute la ferme, qui faisaient se lever le soleil. Etant nés du même œuf, ils se comprenaient, ils étaient même copains comme cochon (si vous me passez l’expression).
Jusqu’au jour où une poule survint.
Adieu l’amitié et la bonne entente, se fut la guerre, terrible et sanglante, ravageant tout sur son passage, détruisant ce qui fut construit par le passé.
Mademoiselle la poule, lassée de ce spectacle qui lui retirait l’attention de tous, décida de s’en aller voir à la ferme voisine. M. Cot et M. Cot, à bout de force, arrêtèrent leur combat et, étendus sur le sol, haletant, peinant à reprendre leur souffle, s’aperçurent de cette disparition.
En bons frères, ils se pardonnèrent tout, aussitôt le sujet de discorde disparu, et ils s’en allèrent au bistro pour boire au nom de l’amitié et de la fraternité, et rire de bon cœur de cette histoire pour le moins ridicule.
La morale de cette histoire, c’est que l’amour fraternel, même parfois fait de querelles passagères, est plus fort que tout, y compris le désir d’une personne ou d’une chose.
Chérissez vos frères de sang comme d’esprit, car vous êtes sûr de pouvoir un jour compter sur eux.
Les contes de Mémé ou Petites histoires de morales, de Mémé.
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Journaliste : -Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre travaille ici, aux chantiers spatiaux de Loccident ?
Ouvrier : -Ben, j’suis ouvrier et je soude les parties des vaisseaux que l’on construit ici. En ce moment, tous les camarades et moi bossons sur le nouveau vaisseau amiral, le Peuple, un mastodonte. D’ailleurs, avec mes camarades ouvriers, on l’appelle le Roublard, car m’est avis qu’il arrivera pas à décoller le moment venu tellement il est gros.
J : -Parlons justement du Peuple, quelles sont ses caractéristiques ?
O : -Ben, il y a déjà la taille : c’est le plus grand vaisseau jamais construit ; et aussi l’armement qui, parait-il, est le plus perfectionné du moment, mais il faudrait demander aux ingénieurs pour en savoir plus, c’est eux qui travaillent là-dessus, et ils sont pas très bavards.
J : -Êtes-vous au courant de la venue sur le chantier de deux personnalités politiques importantes pour l’inauguration du vaisseau aujourd’hui ?
O : -Oui, il paraît que le généralissime Mérenptah va venir. C’est un héros ici comme ailleurs : jamais une défaite, que des victoires. En plus, sa carrure de colosse inspire confiance aux soldats. On en aurait deux comme lui que sa suffirait pour renverser les Goa’ulds en quelques jours.
J : -Et que pensez-vous du secrétaire général Inéni ?
O : -… Il fait bien son boulot
J : -Et bien merci.
La caméra, qui était restée sur l’ouvrier durant tout ce temps (un homme rude qui avait passé sa vie sur différents chantiers), se porta sur la journaliste qui posait les questions depuis le début, une femme à la peau douce et aux cheveux soyeux, qui devait utiliser de nombreux produits de beauté, en bref, l’exact opposé de l’ouvrier.
J : -C’était Elissa Didon pour CRP, la chaîne républicaine.
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Les chantiers de Loccident étaient sous terre, comme toutes les autres infrastructures importantes de la République. Mais Loccident, étant le plus important des chantiers spatiaux, étaient mieux cachés que les autres : il était sous la mer : un système d’écluses verticales permettaient de hissé le vaisseau terminé au niveau supérieur, qui était alors inondé, puis la porte du sas donnant sur la mer s’ouvrait et le vaisseau pouvait rejoindre l’espace. Néanmoins, pour plus de sécurité, un champ de force repoussant l’eau était présent en cas de fuites importantes, voire même d’inondations.
Loccident, du nom du premier vaisseau ayant été construit ici, était si grand qu’il pouvait accueillir quatre Chéops à la fois, mais en l’occurrence le Peuple occupait à lui seul quasiment tout l’espace disponible.
La lumière artificielle n’éclairait que très faiblement et de façon disparate cette immense cavité, si bien que le vaisseau était mal éclairé et peu visible, ressemblant presque plus à une immense tache sombre qu’à un vaisseau à proprement parlé.
En attendant, cette « tache sombre » était le centre des attentions de tout le gratin de le République, ou du moins de ceux qui étaient suffisamment privilégiés pour pouvoir se rendre au cœur des chantiers.
Inéni, flanqué de Mérenptah (ou devrait-on dire l’inverse, car c’était le généralissime qui attirait toutes les attentions au lieu du chef de l’Etat), avaient visité les chantiers le matin même, de la zone où on dessinait les plans des nouveaux types de vaisseaux, à la zone d’assemblage et de construction, en passant par le laboratoire où était mis au point de nouveaux alliages, de nouvelles armes et de nouveaux moteurs.
L’après-midi, le Peuple devait faire son premier vol inaugural, après un rapide discours, que la CRP se ferait une joie de retransmettre, et si tel n’était pas le cas, on s’en moquait car on ne lui en laissait pas le choix.
Devant tous les employés de Loccident, Inéni monta sur l’estrade, vérifia que les micros étaient branchés, et il s’apprêta à parler.
-Hum, hum. Citoyennes, citoyens.
Derrière moi se dresse ce que j’espère être, ainsi que vous tous je le pense, le nouveau fleuron de la flotte républicaine. Si ce nouveau vaisseau, grâce aux efforts conjoints de professions si diverses et plurielles que les vôtres, du simple ouvrier au scientifique, en passant par la femme de ménage qui nettoie ces locaux, nouvelle preuve de l’union fraternelle unissant tous les citoyens au sein de la République, si ce nouveau vaisseau donc satisfait à nos espérances, il pourrait nous donner un avantage conséquent sur les faux dieux, ses destructeurs de tous ce qui fait la beauté de la vie simple à laquelle nous prétendons. A nos frères jaffas et humains qui sont encore asservis à des idéologies erronées et des formes de pensées obsolètes dans une galaxie où l’avenir appartient aux masses éduquées, nous apporterons le flambeau de la liberté et la lumière du savoir et de la connaissance, nous nous érigerons en défenseurs des valeurs qui nous font en tant qu’êtres pensants et moralement défendables, et nous pourrons affirmer fièrement à la face de nos anciens bourreaux : « Nous ne vous craignons plus. Vous ne pourrez plus nous asservir, car nous avons goûté le doux goût sucré de la liberté. »
Sans plus de commentaires, Inéni et Mérenptah se retirèrent dans le vaisseau pour être à la première place lors du vol inaugural, qui se passa sans aucun problème, à la stupéfaction générale des téléspectateurs derrières leurs écrans : comment un vaisseau si grand pouvait-il voler ?
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Le Peuple sortit d’hyper-espace et déposa ses deux augustes occupants au cœur de la capitale grâce aux anneaux de transport, puis l’immense vaisseau repassa en hyper-espace vers une nébuleuse toute proche où il serait à l’abris des radars et des sondes goa’ulds.
Sitôt qu’ils eurent foulés de nouveau le sol de la capitale rebelle, Mérenptah et Inéni se firent abordés par Djer.
-Mes services de renseignements ont intercepté un message venant d’un groupuscule rebelle au sein de l’empire kirinien, Mémé nous attends déjà dans la salle de réunion.
Ah ! Brave Djer. Il était peut-être un peu simplet, mais au moins il faisait toujours sérieusement son travail, et sa mutation du poste de ministre des Espaces verts à celui des Renseignements et de la Propagande avait été une idée formidable : en à peine quelques mois, il avait réussi à tisser un réseau d’informateurs sur la quasi-totalité des planètes de la galaxie, qu’elles soient habitées ou non.
Chaque jour, le Palais de la République s’agrandissait : bientôt, le Comité pourra y siéger, mais en attendant, c’était dans l’une des nombreuses salles de réunion que se rendaient les trois jaffas et effectivement, Mémé les attendait déjà, un cigare aux lèvres et les pieds sur la table.
-Vous en avez mit du temps. Se contenta-t-elle de lâcher entre deux bouffées. Prenez en uns : réserve personnelle de ce cher Tox. Et elle poussa la boîte remplie de cigare vers le centre de la table.
Mérenptah se servit, Inéni ne bougea pas, ne fumant pas, et Djer demanda des cookies… bien sûr.
-Alors, voici le topo. La salle fut plongée dans le noir, et des diapositives furent projetées sur le mur. Des jaffas sur Kirinia on envoyé un appel à l’aide contre leur « dieu ». Ce message ne nous était pas destiné, mais on est néanmoins désormais au courant qu’un vaste mouvement rebelle pourrait naître au cœur de l’empire kirinien : il faut saisir cette opportunité. Ces pourquoi, Mérenptah devrait partir sur l’heure, dans l’espoir d’arriver à temps, car ça avait l’air urgent. Après avoir projeté le message reçu sur le mur, le projecteur afficha en vrac des images de Kirinia : certaines dataient de l’apogée de l’empire kirinien, d’autres étaient beaucoup plus récentes et montraient de nombreuses ruines. Des questions les enfants ?
Personne ne répondit, et se fut Inéni qui brisa le premier le silence.
-Il faut donc réunir le Comité pour avoir son aval pour cette intervention militaire.
-Et puis quoi encore ?! Tonna Mémé, ce qui étonnait toujours venant d’une dame à l’apparence si âgée. Si la loi sur les interventions d’urgences a été voté, c’est pas pour rien. Tu feras un discours comme à ton habitude pour justifier en quoi il y avait urgence. Maintenant du balai.
Et tous s’exécutèrent, car la personne qui détient le porte-monnaie à toujours raison, et c’était Mémé qui finançait la rébellion depuis le début. Cette femme qu’au début tous prenaient pour une vielle mamie gâteau un peu sénile forçait chaque jour un peu plus le respect par sa force de caractère et son étonnante agilité pour son âge. Mais chaque jour, elle se faisait également de plus en plus d’ennemis…
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La flotte, qu’avait rejoint le Peuple, partit donc vers Kirinia, cette terre d’espérance, à la fois pour toute la République (peut-être se fera-t-elle un nouvel allié dans sa lutte éternelle contre les faux dieux), mais aussi pour l’ambition d’un seul jaffa, qui rêvait déjà de gloire.