Auteur Sujet: Les royaumes des terres du Nord.  (Lu 158 fois)

Hors ligne Helenia

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Les royaumes des terres du Nord.
« le: 23 décembre 2011 à 19:40:58 »
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Acte 1
Première partie


Une rencontre inattendue


Asgard, il y a de cela plusieurs millénaires.

   A l'est de la cité légendaire, une armée entière approchait avec les intentions les plus hostiles : deux mille jaffas tous vêtus de noir, dont seul le symbole rouge en forme de serpent décorant les casques rompait avec la couleur du sinistre défilé. Leurs armes faites d'un métal sombre - lances, épées et couteaux aux lames ondulées - accompagnaient leur avancée de bruyants cliquetis.
   Les guerriers n'étaient pas encore arrivés à trois kilomètres de la ville que leur avancée fut interrompue : un homme seul se tenait en travers de la route, et là où quiconque aurait fui, lui semblait les attendre.

   Assis sur un rocher qui dépassait du sol, il était couvert d'une tunique beige qui cachait tout son corps à l'exception de sa tête. Il avait un visage jeune, des yeux bleu foncé et des cheveux courts couleur de cendre.


  Voyant approcher l'armée, l'homme se leva, tandis que plusieurs soldats, sur l'ordre du chef de bataillon, l'encerclaient et le menaçaient de leurs armes. La prima Andoria lui dit :

   Un seul geste de ma part et mes jaffas t'ôtent la vie, alors dis-moi sans détours qui tu es et pourquoi tu es ici !

    Qui je suis ? répondit le jeune homme sans aucune marque d'inquiétude. Mais ce n'est pas un secret : je suis Balder, fils d'Odin.

   Balder ? Que fais l'un des princes d'Asgard sur un champ de bataille ? Tu souhaites peut-être négocier un armistice avec le royaume de Helheim ? Si c'est le cas, laisse-moi t'apprendre que c'est trop tard !

   Vous vous méprenez sur mes intentions, si je suis là c'est uniquement pour défendre Asgard.
   
Tu ne sembles pas saisir la situation ! reprit la prima. Même si tous les jaffas de ton armée étaient cachés aux environs, prêts à nous repousser, cela ne sauverait pas Asgard de vos autres ennemis.

   Voyant que Balder ne réagissait pas, elle enchaîna :

   Tu commences à comprendre ? Les cinq royaumes qui entourent la cité d'Odin et qui lui livrent bataille depuis si longtemps ont décidé de s'associer pour porter une offensive générale et décisive ! En ce moment même, les armées des quatre autres royaumes de l'Alliance attaquent la forteresse sur tous les fronts ! Vous êtes perdus ! » conclut-elle avant de partir d'un grand rire.

   Mais elle fut interrompu par l'Asgardien :

   Ne te préoccupes donc pas des autres armées, mes frères sont chargés de les repousser. Tu devrais plutôt t'inquiéter de ton propre sort.

   L'exultation de la jaffa laissa place à de l'agacement :

   Tu m'ennuies, jeune ignorant ! Tu nous as fait perdre plusieurs minutes, et c'est déjà trop. Jaffas, abattez-le ! » cria-t-elle à l'attention des soldats qui encerclaient Balder.

   Plusieurs lances transpercèrent le manteau qui recouvrait le fils d'Odin, mais lui n'était plus dedans : il avait bondi de plusieurs mètres, et dévoilait désormais l'armure très particulière qui le recouvrait.

   Celle-ci ne ressemblait en rien aux cuirasses grossières et encombrantes que portaient tous les guerriers de l'époque, elle était au contraire fine et légère, et protégeait presque toute la surface de son corps sauf la tête. Violet sombre, elle se caractérisait par un col large et ouvert et une ceinture bleu nuit arborant les symboles d'Asgard. Elle était accompagnée d'une longue cape rouge à intérieur bleu, et sur sa hanche gauche pendait une épée dont la garde était décorée d'un visage stylisé à l'expression inquiétante.

   Je vous repousserai seul, car même si vous êtes des milliers, vous n'aurez aucune chance tant que je porterai cette Robe Divine !

   Tu es ridicule !  Lui répondit elle avant de lancer à nouveaux ses hommes contre lui.

   Ce fut comme si les deux milles barbares se jetaient vers lui, mais Balder resta à sa place. Il écarta les bras et prononça juste deux mots, à peine audibles pour l'assemblée :

   Odin Shield !

   Une lumière jaillit de son corps, puis, l'instant d'après, les soldats n'étaient plus là : une armée entière venait de disparaître.

   Andoria, seule rescapée de ce phénomène surnaturel, n'avait rien vu ni rien compris. Elle était genoux et mains à terre, immobile, l'air hébété :

   Que... que s'est-il passé ?

   Ecoute-moi bien ! lui dit sèchement Balder, ignorant sa question. Sache qu'à partir de maintenant, Asgard est défendue par les cinq Guerriers Divins, et tant qu'il en sera ainsi, aucun envahisseur ne pourra nous soumettre.

  Puis tournant le dos à l'émissaire de Helheim, il lui dit encore :

   Pars transmettre ce message à ta reine la déesse Hel, et ne reparaît plus jamais ici.

   Mais la prima, remit de sa surprise, se redressa et empoigna sa lance serpent, clamant :

   De quel droit me donnes-tu des ordres ? J'ignore ce qu'il est arrivé à mes hommes, mais rien ne pourra te sauver de ma lance !

  Il porta plusieurs coups, mais Balder bloqua tous les tirs d'une seule main.

   Je pensais que tu avais compris la leçon, tant pis pour toi...

   Il tendit son autre main vers la poitrine du chef d'armée, et un souffle d'énergie rouge le projeta au loin. Lorsque son corps retomba à terre, la vie l'avait quitté.

   Balder se tourna vers Asgard, dont il pouvait voir de là une immense statue en pleine construction. Il posa un genou à terre et prononça comme un serment :

   Odin, mon père, merci du pouvoir que tu nous as accordé et du rôle dont tu nous as institués. Je jure de toujours en être digne, et de transmettre ces valeurs aux générations futures, afin qu'aussi loin dans l'avenir, tu ne sois jamais offensé, car je sais que si c'était le cas, ta colère serait sans limites.
« Modifié: 23 décembre 2011 à 22:41:09 par Hel »

Hors ligne Helenia

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Re : Les royaumes.
« Réponse #1 le: 23 décembre 2011 à 21:09:56 »
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Acte 1
Deuxième partie


Une fabuleuse découverte



Fin du vingtième siècle. Dans le nord de la galaxie du sagittaire, le royaume de Bluegrad affronte depuis l'aube des temps les éléments déchaînés dans un lieu inapte à la vie humaine. Pourtant, le peuple de cette cité n'a jamais quitté ces terres ancestrales, ayant toujours su faire face au vent polaire et à la neige perpétuelle.

   Ce jour-là, les Bluegradiens avaient prouvé une nouvelle fois qu'ils étaient dignes de leurs ancêtres, dignes d'être les fiers habitants du royaume de glace. Ces derniers temps, les eaux des mers et des océans s'étaient soulevées en d'énormes vagues destructrices, semblant vouloir réitérer le déluge implacable compté dans les légendes. La ville avait été touchée, et de nombreuses maisons avaient été démolies par ces soudaines inondations : la cité était en péril. Heureusement, le nouveau maître des lieux avait assumé son rôle à la perfection, et grâce à lui Bluegrad avait été sauvée. Tous les habitants du royaume s'étaient associés pour la reconstruction, et après quelques semaines, la vie avait pu reprendre son cours normal. Oui, Alexei, le jeune roi, pouvait être fier.

   Ce jour-là donc, en début d'après-midi, tous les habitants, grands et petits, jeunes et vieux, hommes et femmes, étaient réunis dans la plus grande salle du palais, où un banquet avait été organisé pour célébrer la fin des grands travaux. Trois longues tables avaient été dressées au milieu de la pièce afin de recevoir tous les concitoyens, et depuis plusieurs heures, ce n'étaient que victuailles, musiques et jeux.

   Tout le monde profitait de la fête et partageait sa bonne humeur dans un brouhaha des plus complets, lorsque les voix commencèrent à se faire chuchotantes et que le bruit diminua peu à peu. Tous les regards se dirigèrent vers Alexei : le peuple réclamait de son chef qu'il prononça un discours. Alors le jeune roi se leva et remercia chaleureusement chaque personne des efforts qui avaient été fournis, et obtint en réponse une averse de clameurs et d'applaudissements.

   En cet instant, tout le monde à Bluegrad était au summum de l'allégresse. Tout le monde sauf une personne, qui était pourtant au centre des réjouissances. Alexei était effectivement incapable de se laisser porter par l'effervescence générale. Seule Natacha, sa sœur, en avait conscience. Elle voyait bien que s'il s'était adressé avec emphase à ses sujets tout en affichant un sourire apaisant, c'était uniquement pour ne pas gâcher leur plaisir, mais qu'il portait toujours en lui cette mélancolie qui ne l'avait pas quitté depuis ce jour tragique où il avait été victime de ses démons. Emporté par la soif de pouvoir, il avait tué son père, ce qui avait entraîné la détresse de sa sœur, qui s'était laissé mourir, et elle n'en avait réchappé que de très peu. Depuis cette date, le grand frère avait radicalement changé de comportement afin de ne plus jamais faire souffrir sa sœur.

   Tandis que la fête continuait de battre son plein, Alexei sortit de table sans que personne ne s'en aperçoive et se dirigea vers la sortie. Natacha se leva à son tour et l'intercepta juste devant la porte. Elle tenta de le retenir par des paroles douces, mais en vain. Il sortit.

   Dehors, le temps n'était pas meilleur que d'habitude ; le vent glacial soufflait à en briser les pierres et une fine neige tombait doucement du ciel, emportée dans toutes les directions par les courants d'air. Alexei portait seulement un pantalon noir en tissu épais et un blouson de fourrure court accompagné d'une capuche qui cachait ses cheveux blonds. Un homme ordinaire ne s'aventurerait pas dans un tel climat sans être mieux vêtu, mais lui s'était suffisamment entraîné par le passé à ignorer le froid pour ne pas être dérangé.

   D'ailleurs, les autres habitants de Bluegrad, même s'ils n'avaient pas la résistance des Blue Warriors, étaient habitués à vivre avec ce froid et ne le craignaient donc plus. En revanche, ce qui les terrorisait, c'était la mer, cet élément informe, parfois calme, parfois déchaîné, mais toujours menaçant. Ils redoutaient que celle-ci n'emporte à nouveau des maisons, ou même toute la cité. Mais Alexei avait rassuré son peuple à ce sujet. En effet, après la fin des raz-de-marée, il était entré en contact avec le Sanctuaire pour en apprendre davantage au sujet de ce phénomène qu'il savait ne pas être naturel. Hyôga l'avait alors informé que ce déluge était l'œuvre de Poséidon, l'impitoyable dieu des océans. Plusieurs Saints d'Athéna s'étaient alors rendus dans le Sanctuaire des Mers, où ils avaient vaincu les sept Généraux Mariners et enfermé l'esprit du dieu dans une urne inviolable.

   Plus aucune menace n'était à craindre, et c'était là la seule satisfaction d'Alexei. Son peuple méritait la paix et la sécurité.

   Mais lui ? Sa sœur lui avait donné une seconde chance, mais la méritait-il ?

   Tandis qu'il se torturait avec ces idées noires, Alexei aperçu au loin une forme qui disparut la seconde d'après. Malgré la neige et le vent, il était persuadé d'avoir vu une silhouette humaine qui flottait à mi-chemin entre la terre et le ciel.

   La forme réapparut. Entraîné par la curiosité, il s'élança à sa poursuite. Il parvint à s'en rapprocher, mais elle continuait de s'éloigner. Il put cependant la voir plus distinctement tout en la suivant : c'était bien une silhouette humaine, une femme plus précisément. Vêtue d'une armure légère d'un style ancien et tenant une lance dans la main droite, elle avait une peau grise aux contours mal définis, comme si sa chair était faite de brume. Elle était dotée de deux ailes de plumes noires qui battaient énergiquement pour la porter à travers les nuées. Son visage, bien que difficilement visible à cette distance, était presque effacé, comme une page vide, dénué de toute humanité.

   Une Valkyrie ?  pensa Alexei.

   Partagé entre la fascination et l'angoisse, le jeune roi choisit de la suivre aussi longtemps qu'il le fallait. Il devait savoir jusqu'où elle irait.

   Alexei traversa dans sa course effrénée d'interminables plaines gelées, mais bientôt le décor fut différent : les banquises laissèrent place à des steppes, et quelques forêts de pins apparaissaient ça et là. Toutefois, le climat était toujours trop rude pour permettre à des humains d'y vivre sereinement.

   Après plusieurs heures de poursuite, Alexei stoppa brusquement sa marche, comme pétrifié par ce qui se découvrait à ses yeux : c'était une cité gigantesque, bien plus grande que Bluegrad, perchée au sommet d'un promontoire qui dominait tous les environs. Le seul accès était un chemin en pente menant directement à l'entrée principale, qu'il devait être facile de défendre en temps de guerre.

   Au sommet de la ville était érigée une imposante statue représentant un guerrier tenant d'une main un bouclier léger et de l'autre une épée dont la lame était tournée vers le sol. Sa tête était couronnée d'un casque décoré de deux oiseaux dorés. Alexei comprit qu'il s'agissait d'Odin, qui protège, disait-on à Bluegrad, tous les territoires arctiques contre les forces du mal. Ce royaume ne pouvait être que la fameuse patrie du dieu nordique : Asgard.

   En s'en rapprochant, Alexei fut figé de frayeur : la ville était entourée par une nuée de Valkyries qui planaient au-dessus des bâtiments comme autant d'oiseaux de mauvais augures.