Auteur Sujet: Premier Concours : Némésis & Aïdos  (Lu 208 fois)

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Premier Concours : Némésis & Aïdos
« le: 07 novembre 2011 à 20:21:34 »
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I - Métis, planète-océan.



Un son cristallin retentit à travers le bâtiment. L'architecture était simple, sommaire, spartiate. Les murs de béton étaient peints de couleur vive, comme pour tenter de donner un côté joyeux et engageant à ce qui ressemblait, sommes toutes, à une vaste prison.
Dans une salle, un vieil homme se tenait dos au mur, face à une trentaine d'adolescents en uniforme debout derrière des pupitres de bois sombres. Le vieil homme était ventripotent, partiellement chauve, des lunettes rondes sur le nez, il portait une toge ceinte d'une bande de tissu pourpre. Parmi les adolescents, il n'y avait que des hommes, cheveux courts, crâne presque rasé. Tous portaient au poignet gauche une espèce de montre à affichage digital, et au poignet droit un bracelet argenté. L'uniforme était simple, noir, composé d'une paire de lourdes chaussures de cuir, un pantalon de toile fine et une veste couvrant une sorte de chemise fermée par des lacets de cuir.
Aucun signe distinctif, aucune fantaisie, les jeunes hommes se tenaient droit, arborant un visage neutre et attendaient l'ordre du vieil homme. Celui-ci n'attendis pas longtemps avant d'aboyer :


« - Assis ! »

Comme un seul homme, les adolescents s’assirent derrière leur pupitre. Des écrans transparents jaillirent des bureaux et des images commencèrent à y défiler alors que le professeur déclarait de manière pédante:

« - Bienvenue à l'Université Citoyenne d’Athènes. »

Bien sûr, il n'était pas là question de l'Athènes grecque que nous connaissons... La Goa'uld Athéna avait régné sur pléthore de mondes en la voie lactée, et tout autant après son arrivée dans la galaxie de Sagittaire parmi les armées de Kaer. Et bien sûr, la plupart de ces mondes lui avaient dédié une cité. Le monde auquel nous nous intéressons se nommait Métis. Il était couvert à 90% d'océans, et les 10% restants étaient répartis plus ou moins équitablement en 18 continents qui formaient tout autant de pays unifiés. La Goa'uld Athéna avait abandonné Métis depuis maintenant plus de 13 siècles, laissant les humains à leur sort sans leur laisser d'explication. La porte des étoiles avait fini par être oubliée, enterrée par le temps plutôt que par une quelconque révolte. Mais le résultat était le même : les esclaves s'étaient séparés en nations et la politique et les intérêts de chaque nation avaient entraîné guerres, commerce, diplomatie et traités divers. Les Goa'ulds étaient tombés dans l'oubli le plus total.
Athènes était la capitale de Mesmerie, le plus grand continent-île de Métis. L'Université Citoyenne d'Athènes (UCA) en était l'école la plus prestigieuse. Réservée aux garçons, bien sûr, car, bien que Métis ait été dirigée par une Déesse, son départ avait laissé la société errer vers des principes similaires à ceux de notre Grèce antique. Les femmes étaient considérées comme de vulgaire matrices, tout juste bonnes à enfanter et élever la marmaille à son plus jeune âge. Elles ne recevaient donc absolument aucune éducation et vivaient essentiellement cloîtrées à la maison, échangées contre une dot dès leur puberté lors de mariages arrangés. Les jeunes hommes grandissaient dans un environnement essentiellement masculin où on leur apprenait à aspirer à une perfection réduite à trois points : perfection du corps (la plus importante), perfection de l'esprit, et perfection citoyenne.
Ne vous y trompez pas, il n'y a rien là d'exemplaire ou à envier. La perfection du corps était travaillée dans les gymnasiums. Suivant des canons de beauté pré-établis, les hommes y pratiquaient le sport et se faisaient pouponner par des esclaves afin de tenter de se rapprocher des critères corporels parfaits. Peu importait que ces critères soient signes de bonne ou de mauvaise santé, de mort prématurée ou d'utilisation de substances dangereuse. Le perfection de l'esprit, selon leur conception, était tout aussi aberrante : curiosité, rapidité d'esprit, créativité, adaptation... étaient considérés comme des distractions. La perfection de l'esprit ne se caractérisait que par l'aptitude à apprendre par cœur divers concepts, textes philosophiques et autres principes et à les restituer, le plus souvent possible, sans porter la moindre attention au contexte ou à la pertinence de la citation... La perfection citoyenne, pour finir, correspondait à la place qu'occuperai l'homme dans la société Athénienne : il fallait déjà être fils de bonne famille pour réussir, c'était une condition
sine qua non pour intégrer les hautes sphères de la société. Fils de politicien ou de philosophe était le meilleur départ possible dans la vie. Montrer un beau corps et avoir un bel esprit permettait de rejoindre un mentor important. Le mentor était un concept pour le moins ignoble : il s'agissait d'un homme d'âge mûr, socialement important. Il utilisait son « apprenti » comme une sorte d'esclave dans ses tâches de tous les jours, ce qui était censé lui apprendre « les choses de la vie »... Notons qu'il était considéré comme normal, voir sain que le mentor ait des relations sexuelles régulières avec son « protégé » (mineur, voir très jeune, rappelons-le). Enfin, payer divers impôts fort élevés, collectionner les esclaves et participer à la vie politique et sociale de la cité étaient considérées comme des obligations pour qui souhaitait atteindre la perfection citoyenne.

Pour revenir à notre classe, car c'en était une, tous les jeunes hommes représentaient l'élite de la société et répondaient donc aux critères décrits ci-dessus. Ils avaient tous environ 15 ans et s’apprêtaient à suivre leur premier cours important : un cours de culture générale.

Le professeur claqua des doigts, et aussitôt un hologramme représentant une statue apparut devant la classe. La statue figurait deux femmes entrelacées dans une posture pour le moins lascive. Il s'agissait d'une œuvre plutôt rare, puisque les sociétés de Métis cultivaient essentiellement le culte de l'homme et de la perfection physique masculine. Souhaitant évaluer le niveau de ses étudiants, le professeur demanda alors :


« - De quoi s'agit-il ? »

Il attendit un moment, qu'un étudiant manifeste son intention d'étaler sa culture devant ses camarades... Mais le silence régnait sur la salle.
Ne se démontant pas, le vieux professeur désigna un élève du doigt. L'écran de son pupitre afficha le mot « Edenis », c'était le nom de l'élève. Edenis se leva, croisa les bras derrière le dos et récita :


« - Il s'agit d'une statue réalisée il y a un peu plus de onze siècles par Leonis d'Avins, artiste et ingénieur mesmériens plus connu pour ses travaux sur la géométrie dans l'espace et ses plans de bâtiments dont les ruines sont encore visibles au Sud d'Athènes. La statue représente... »

Il jeta un coup d'œil en coin à l'un de ses camarades avant de continuer, un sourire mauvais sur le visage :

« -... la sœur et la mère de Youn durant... »

Il ne put continuer ses insultes : le dénommé Youn, situé deux rangs devant lui, sur la gauche, se leva violemment, le pourpre aux joues, la mâchoire inférieure avancée. Tandis que l'écran sur le pupitre affichait « Youn », il se mit à hurler des insultes à l'intention d'Edenis tout en se dirigeant vers lui, bien décidé à effacer physiquement le sourire idiot qui déformait les traits de son camarade.

Le professeur ne montra aucune réaction particulière. Un des carreaux de ses lunettes devint pourpre : il consultait son ordinateur personnel. Un bref instant plus tard, alors que Youn s’apprêtait à frapper Edenis au visage, celui-ci prenant une posture défensive, un bref éclat bleu troubla le verre de lunette. Aussitôt, les deux jeunes hommes s'écroulèrent sur le sol en hurlant et en se tenant le poignet droit. Le bracelet d'argent qu'ils portaient tous les deux vrombissait et grésillait alors qu'il leur envoyait des décharges électriques d'une incroyable intensité. La torture dura environ une minute, jusqu'à ce que le professeur décide d'y mettre fin. Il ordonna alors aux deux jeunes hommes de se lever et de regagner leur pupitre. Ceux-ci s'exécutèrent sans demander leur reste tandis que le vieil homme les informait qu'ils auraient une retenue chaque soir pendant les trois mois à venir.

Vous devez trouver la punition sévère... Et l'usage de châtiment physique sur des étudiant doit vous paraître barbare. C'est un fait. Néanmoins, il n'y a rien de surprenant de la part de cette société.
J'ai mentionné plus tôt le fait que l'esclavage avait toujours lieu sur cette planète. « Esclavage » est un euphémisme. Toute personne n'étant pas un citoyen était un esclave. Les clandestins, ou ceux que nous appellerions des « sans-papiers », ainsi que ceux qui ne pouvaient s'acquitter des taxes étaient réduits à l'esclavage. Les esclaves n'avaient pas le droit d'avoir de nom, ils n'étaient que des numéros. Et pour que leur statut d'être-objet soit bien clair, ils était tous « carnimorphés » de la même manière. Qu'est-ce que le carnimorphage ? Il s'agit d'un procédé qui permettait aux Métis de manipuler les chairs. Il avait été initialement inventé pour permettre aux jeunes gens d'atteindre la perfection physique sans avoir à se fatiguer : une machine, le carnimorpheur permettait de changer les paramètres d'un corps qui y entrait afin de lui donner la taille, la corpulence, la musculature et le visage souhaité. Même les empreintes digitales étaient modifiées ! Cependant, après avoir été un moment à la mode, les carnimorpheurs montrèrent leur sombre visage : le procédé réduisait considérablement la durée de vie de son utilisateur. Il y eut même certains incidents lors desquels les utilisateurs ne sortirent pas vivant de leur carnimorpheur. Le procédé fut vite interdit pour protéger les citoyens... Mais les autorités décidèrent que c'était, par contre, une solution idéale pour s'occuper des esclaves : un physique standard, commun à tous les esclaves permettait de les distinguer facilement, et une durée de vie réduite à 30 ou 40 ans évitait d'avoir à se poser des questions éthiques du genre « faut-il entretenir ou euthanasier un esclave incapable de travailler ? ».

À la lumière de cette facette de la société Métis, la façon dont ils traitaient les jeunes semble moins surprenante, n'est-ce pas ?

Pour en revenir à notre cours de culture-générale, le vieux professeur désigna un nouvel élève. Celui-ci portait des lunettes devant ses yeux gris, des cheveux châtains clairs, presque blonds, légèrement plus longs que ses camarades, ce qui était clairement un défis au règlement. Une légère ombre commençait à naître autour de sa bouche, signe que la pilosité faciale de l'adolescent n'allait pas tarder, dans les mois à venir, à le forcer à se raser. Ses traits étaient plutôt communs, rien d'exceptionnel ne le rendait particulièrement laid ou beau.
Le jeune homme se leva, tandis que l'écran situé devant lui indiquait « Meshel ». Il déclara d'un ton monocorde :


« - Cette statue représente les incarnations de deux déesses antiques...

- … deux SENTIMENTS. Le coupa le professeur.

- Deux déesses, s'entêta Meshel, argumentant, d'après le poète antique Menesla de Speres, deux déesses qui n'ont pas le droit d'entrer dans l'Olympe car elles ne sont pas assez importantes pour cela. »

Le professeur pinça les lèvres, l'air contrarié. Le verre de ses lunettes devint pourpre alors qu'il consultait son ordinateur afin de vérifier les sources de l'élève. Mais il dut se rendre à l'évidence : Meshel avait raison. Il lui fit signe de continuer mais lui envoya tout de même une décharge d'intensité modérée par le biais de son bracelet afin de lui apprendre à ne pas contredire ses professeurs.

« - La déesse de droite est Némésis, on le voit à plusieurs détails : son menton légèrement avancé, en signe d'agressivité, son regard dur et froid, son expression farouche. Elle porte les cheveux courts, comme les combattants. Némésis est l'ancienne déesse de la juste colère, on l'appelle aussi la déesse de la vengeance, même si c'est moins approprié. »

Le professeur acquiesça silencieusement avant de demander.

« - Et l'autre ?

- À gauche, sa compagne est Aïdos. Cette déesse est associé à un sentiment particulier qui n'a pas vraiment de traduction dans notre langue moderne. C'est le sentiment que quelqu'un de chanceux doit ressentir en face d'un infortuné, une sorte de honte. C'est aussi le sentiment que l'on doit avoir lorsqu'on s'adresse aux Dieux, et c'est donc aussi une forme de respect. Aïdos est plus petite que Némésis, plus frêle aussi. Elle baisse les yeux et son visage semble hésitant, et en même temps heureux.

- Quelle relation lie ces deux « déesses » ?

- D'après les textes mythologiques, Aïdos serait la fille du titan Prométhée alors que Némésis serait celle de l'océan... Mais quelques sources les présentent comme issues de la tête de Zeus, c'est pour cela qu'on les considère parfois plus comme des sentiments personnifiés que comme des déesses. Cette dernière interprétation ferait d'elles des sœurs, de toute évidence l'artiste a ignoré cette version pour cette statue car il les représente comme maîtresses, or, à l'époque, si la représentation d'amours homosexuels était fréquent dans les fresques et sur les statues, la représentation d'amour incestueux était tabou.

- Que peux-tu nous dire d'autre sur ces « déesses » ?

- Elles sont très peu connues, mais la légende veut qu'elles étaient inséparables. Zeus leur donnait des tâches à accomplir, et lorsque ces missions débutaient, leurs disputes débutaient aussi. Elles se séparaient le temps d'accomplir leur mission, chacune d'elle œuvrant à sa manière dans une sorte de compétition avec l'autre. Némésis était impulsive et violente avec ses ennemis, mais peu réfléchie et plutôt naïve, tandis qu'Aïdos, au contraire, planifiait absolument tout, mais était plutôt timorée et faible. Elles déclenchaient usuellement les hostilités de manière conjointe, et leur ennemi était incapable de s'extirper à la fois des plans d'Aïdos et des griffes de Némésis.

- Pourtant, elles ont une place de choix dans la mythologie antique de Métis, n'est-ce pas ?

- Oui, il est dit que Zeus était allié à un autre Dieu que défia Kaer, un titan. Athéna désobéit à son père et rejoignit les rangs de Kaer. Cela mit le roi des Dieux dans une colère folle, et il envoya Némésis et Aïdos tuer Athéna. Les deux déesses firent semblant de se rebeller contre Zeus et de rejoindre elles aussi les rangs de Kaer qui, naturellement, leur ordonna de rejoindre Athéna, la fille de Zeus. Mais les navires de guerre préparés par Kaer se perdirent et son armée s'égara. Athéna, la sage, savait qu'elle ne pouvait pas guerroyer sans base pour s'approvisionner. Elle conquit alors Métis et en fit sa base qu'elle laissa à gouverner à Némésis et Aïdos. Mais le fait d'être perdue loin de Zeus n'était pas suffisant pour détourner les deux déesses de leur mission, et elles continuèrent à manœuvrer contre Athéna. Hélas, quand arriva le jour d'agir, l'empressement de Némésis lui fit lancer ses assauts avant qu'Aïdos n'ait parfaitement refermé son piège. Athéna réussit à abattre Némésis et n'eut pratiquement rien à faire pour éviter les filets d'Aïdos. Elle captura les deux déesses et les emprisonna dans un temple pour l'éternité, dans un coffre forgé par Héphaïstos sur le modèle de la boite de Pandore. »

Le professeur attendit un moment. Son ordinateur était toujours allumé, il vérifiait chaque mot qu'avait dit Meshel. Mais tout était juste, il n'y avait rien à ajouter ou rectifier. Il fit signe au jeune homme de s'asseoir tandis que s'affichait sur son écran, en dessous de son nom : « Deux semaines de retenue pour insolence. ».

Un instant, les lunettes de Meshel s'assombrirent. C'était des lunettes réagissant à la lumière, censées protéger ses yeux : plus elles étaient exposées à une lumière intense, plus les verres devenaient sombre, et inversement. Mais la salle était sombre, pour que l'hologramme s'affiche mieux. Quiconque aurait vu ses verres s'assombrir brièvement aurait cru à un dysfonctionnement des lunettes. Nul ne se doutait que les yeux de Meshel, l'ombre d'un instant, s'étaient illuminés.

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Re : Premier Concours : Némésis & Aïdos
« Réponse #1 le: 15 novembre 2011 à 21:02:09 »
+1
Sur métis, les apprentis étaient laissés à diverses tâches. Entre autres choses, accomplir ce qui était déshonorant, inintéressant et salissant.
Le passé et son étude était quelque chose de très important dans cette société, puisque tous avaient appris qu'oublier le passé provoquait le retour d'erreurs déjà commises.

Sur l'un des chantiers de découverte archéologique, un nombre restreint d'apprentis travaillaient à la récupération d'objets antiques. Leurs maîtres avaient conclu un accord pour partager les découvertes, bien qu'il semble probable que les choses seraient plus compliquées lorsque une source de convoitise sera révélée.

Chacun des apprentis était à la tête d'une dizaine d'esclaves en tout genres, dans une zone fermée au public à quelques lieux de la cité.
Les apprentis savairnt y faire pour motiver les esclaves : surtout que leur maître saurait y faire pour les punir d'une attente trop longue à son goût.

Mais même parmi les apprentis, certains avaient la passion de la découverte et n'hésitaient pas à terminer le travail, lorsqu'un objet était découvert, pour éviter les drames.

Un jeune homme en tenue adaptée à son travail était en train de déblayer un objet antique quand une de ses "amies" apprenties vint.


Trouvé quelque chose, Ashton?

Ashton : cheveux courts et bruns, yeux marrons comme la terre. Un visage fin et encore en développement, bien que dépourvu de pilosité pour l'heure.

Le jeune homme termina son travail et soupira.

Non, rien de très intéressant. Je regrette vraiment du temps perdu, et du manque de connaissances trouvées. Cette zone est vraiment inintéressante.

L'adolescente sourit.

J'aurais peut-être plus de chance, les esclaves que mon maître m'a délégué disent être sur le point de découvrir quelque chose. Enfin, selon trois numéros d'entre eux.

Il ignora la plaisanterie facile destinée à faire sourire.

Je me fiche de ce que peuvent me dire les esclaves du mien. Je veux atteindre la perfection, et ce qu'importe le prix. C'en devient lassant, Emie.

Emie : cheveux noirs  tombant aux épaules, yeux bleus clairs et une peau d'une blancheur signifiant la pureté de corps.

Le discours devenait ennuyeux pour elle, alors la jeune femme se détourna de lui pour repartir vers son secteur attribué.

Il retourna son attention vers son dernier vestige découvert et observa l'objet : il avait déblayé une petite partie de l'objet, qui ressemblait grandement à un bâton composé de métal ancien. Il céda face à l'exaspération et désigna deux esclaves de venir terminer son "oeuvre".

La journée passa, puis une autre et encore une autre. Les tentes des appentis étaient réellement bien organisées et fournies : un luxe assez élevé, et par quelques moyens, le temps extérieur n'avait aucun impact sur la vie à l'intérieur.
Ashton y avait résidé uniquement les nuits, désirant absolument surveiller "ses" esclaves dans la moindre de leur tâche.


Ses camarades avaient profité du repos qu'ils pouvaient gagner, laissant leurs esclaves faire des bourdes et les camoufler lorsque les gardes ne les prenaient pas sur le fait.

Le jour N°5 de leur présence sur les lieux, les esclaves d'Emi firent une découverte intéressante. Emie commentait cela avec une joie non dissimulée.


Après avoir creusé des mètres et des mètres. Enfin. Une cache d'objets... Je crois que maître Djose sera satisfait...

Les esclaves finirent de forcer la porte de pierre scellant l'entrée, quand elle tomba en avant (dans la "mauvaise" direction donc). Les yeux d'Emie devinrent gros, comme si elle se doutait que le hasard aurait fait se trouver des merveilles derrière cette porte.

Merveilles détruites, maintenant.
Elle se jeta presque dans l'ouverture, malgré la poussière gênante, et les esclaves reculèrent. Elle émit un bruit manifestant une certaine joie, à priori. "Kyaaa" pour être exacte.
Mais la poussière n'était toujours pas retombée, et les esclaves se refusaient à gêner celle qui avait tous les droits sur eux.

Elle ne ressortit qu'au bout d'une longue minute, portant quelques objets dans les bras, la mine sombre.

Cela voulait dire "sombres crétins" surtout. Tous l'avaient devinés. Elle transporta les vases et fresques dans sa tente, à l’abri des incapables.


Mais un autre évènement arriva : le mentor de la jeune Emie. Désagréable pour elle, inintéressant pour d'autres.
Lorsqu'il arriva, elle était en train de superviser, heureusement pour elle, un groupe d'esclaves ressortant une babiole.
Sans la saluer, l'homme âgé d'une 50e d'années et un peu vouté la tira par le bras.


Dans la tente. Montre moi mes nouvelles merveilles. Ou autre chose, à défaut. Tu n'es plus à la résidence depuis longtemps, tu sais.

Il parlait avec confiance. Sentiment qui n'était pas partagé du tout par Emie, veuillez noter. Son visage trahissait sa crainte, son simple regard exprimait les horreurs qu'elle avait déjà eu à subir et aurait à subir encore et encore.

D'après les sons qui sortaient de la tente, pour ceux disposant d'une audition très bonne et de l'occasion d'écouter, le mentor était insatisfait des résultats. Non, la qualité et la quantité d'objets trouvés n'était pas la faute du terrain : c'était la faute de son apprentie qui "ne savait pas où chercher", selon lui.

Il ressortit peu après, la mine fâchée, et repartit avec quelques gardes qui l'avait accompagné silencieusement.

Emie ne ressortit qu'une heure plus tard, vêtue d'un habit à manches longues pour cacher la vilaine trace laissée par la poigne de son mentor sur ses bras...

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Re : Premier Concours : Némésis & Aïdos
« Réponse #2 le: 17 novembre 2011 à 01:23:36 »
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II – Ce lien ténu.



Le char du soleil était en train de sombrer dans l'océan. Du coin de l’œil, Meshel l'observait à travers la fenêtre, darder ses derniers rayons sur Athènes, et teintant les cieux de flamboyantes nuances allant d'andrinople à incarnadin, en passant par le capucine. La salle de classe était vide, à l'exception d'Edenis, Youn, Meshel, et d'un pion qui les surveillait. Le pion était un jeune homme à peine plus vieux qu'eux, sans doute l'apprenti du professeur, il arborait d'ailleurs le même uniforme que les trois élèves en retenu, ce qui signifiait qu'il était aussi étudiant à l'UCA. Pour l'heure, il leur faisait face. Assis sur une chaise en équilibre sur deux pieds, il jouait avec un bâton, symbole de son statut de pion, afin de tromper le temps.

Sur Métis, une journée dure cent édanes, c'est à dire environ vingt-neuf heures. Une retenue classique durait vingt édanes soit, environ quatre heures et vingt minutes. Pour vous donner une idée, en cette époque de l'année, le soleil atteignait son zénith aux alentours de la cinquante-cinquième édane de la journée (cinquantième en été) alors qu'il s'était levé à la trente-cinquième (vingtième en été) et se coucherait à la soixante-quinzième (quatre-vingtième en été). Les cours avaient lieu un jour sur trois, (le deuxième étant dédié à l'apprentissage avec son mentor et le troisième à l'entretiens du corps) et duraient en général cinquante édanes (soit un peu plus de quinze heures), heure du repas compris.
Les cours commençant à la vingtième édane, la retenue ne finirait donc que peu avant minuit.

Seulement voilà... L'UCA était très sélective dans son recrutement : il fallait payer un pot de vin pour y entrer... Avoir un corps superbe en fonction des critères de l'époque, être un homme, bien entendu... Avoir un bon mentor... Et être très intelligent. Même si ce point est le dernier, il est à prendre en considérations : les trois élèves en pénitences avaient fini depuis longtemps le travail que leur avait donné le professeur. Ils s'occupaient désormais comme ils pouvaient, prenant les quinze édanes d'ennui à venir comme partie intégrante de leur châtiment.

Ayant réussi à pirater partiellement le logiciel de leurs pupitres respectifs, Youn et Edenis utilisaient le réseau local de l'UCA pour converser entre eux, s'envoyant diverses insultes, tout en prenant un air sérieux et contrit pour faire bonne figure devant le pion. Posant son coude gauche sur le pupitre, Meshel leva la main afin d'y poser sa tête. Pianotant sur l'écran d'une seule main, il pirata en quelques seconde l'intégralité du système de l'UCA et s'en servit pour se connecter à son ordinateur personnel, resté à la maison.

En Mesmérie comme sur tout Métis et sur tous les mondes qu'ils peuplent, les humains présentent des éléments déviants... Des individus originaux, pas forcément déments, mais parfois assez proches de la folie douce. Un tel groupe avait vu le jour quelques décennies plus tôt. Il s'était convaincu que des aliens peuplaient les cieux, et s'était mis en tête de les trouver. Après avoir bâti des dizaines de radiotélescopes et les avoir braqué vers les cieux, il leur était apparut que tous les meilleurs logiciels du monde étaient incapables de discriminer les signaux erratiques d'un vulgaire quasar des tentatives que feraient probablement une civilisation alien pour les contacter. Ce groupe avait donc du se résoudre à analyser chaque signal à la main, à la recherche d'un potentiel indice. Seulement, le ciel est vaste. Les données recueillies en une nuit ne pouvaient pas être traitées par le groupe en une vie... Et les radiotélescopes fonctionnaient en permanence. Aussi, un peu comme le programme américain SETI (Search for an Extra-Terrestrial Intelligency), ce groupe avait décidé de publier ses données et de laisser quiconque était un tant soit peu doué et passionné analyser ses données. Lorsqu'il l'avait découvert, Meshel s'était empressé de joindre le projet sous un nom d'empreint... Ou plutôt sous son nom d'origine : Aïdos.

Rapidement, Aïdos avait mis au point un programme qui détectait et décodait toutes les transmissions goa'uld que l'on pouvait capter depuis Métis. Elle prenait aussi soin de les effacer de la bande de données des illuminés dont les radiotélescopes étaient si utiles. Des centaines de questions la taraudait. Loin de toute forme de technologie goa'uld, sans vaisseau, sans porte des étoiles, elle avait été obligée de se cacher dans cette société d'humains dégénérée. Mais ce projet fou était comme une bouée de sauvetage. Elle ne pouvait pas émettre de signal, mais elle pouvait écouter, et elle l'avait fait...

Où était Némésis, sa sœur ?

Aucune trace. Après des mois d'écoute, pas la moindre mention de son nom. Peut-être était-elle morte, peut-être était-elle toujours tenue prisonnière dans un vase canope, sur ce monde ou sur un autre... Ou peut-être se cachait-elle, elle aussi, quelque part sur Métis, attendant son heure... Mais connaissant le caractère de Némésis, Aïdos doutait qu'elle fut capable de se cacher bien longtemps.

Qu'était devenue Athéna, leur cible ?

Aucune trace. Pas la moindre mention de son nom. Elle était sans doute morte, ou bannie, comme Némésis et Aïdos l'avaient été, dans un vase canope.

Qu'en était-il des goa'ulds dans cette galaxie ?

Ils avaient baptisé ce lieu, la galaxie du sagittaire. Kaer en était toujours à la tête. Mais, au bout d'un moment, il était devenu clair que certains de ses anciens vassaux avaient décidé de faire cavaliers seuls. Certains l'avaient abattu, croyant l'avoir tué. Un certain Enki avait même prétendu prendre sa place et s'était auto-proclamé Être-Suprême avant de perdre la raison. Puis, le chaos, le chaos... Quelques partisans d'Enki tentent de reprendre le pouvoir, Kesh'Nar et Hypérion... Enki revint et déclencha une nouvelle guerre, pour asseoir un nouveau règne, même s'il s'en défendait... Puis soudain... Le néant.

Après des semaines, des mois d'écoute supplémentaire, Aïdos n'avait pas capté le moindre signal. Qu'était-il arrivé ? Les goa'ulds  avaient-ils donc tous péri ?

Elle entra son mot de passe personnel afin de se connecter à son ordinateur, puis elle lança son programme de décodage. Aussitôt, une petite lumière se mit à clignoter : une transmission avait été captée !

Un certain Siko'o invitait ses enfants à le rejoindre sur une planète isolée, dédiée entièrement à la diplomatie...

Meshel, alias Aïdos s'adossa au dossier de sa chaise et croisa les bras, rassuré. À nouveau, l'histoire se répétait avec la venue d'un nouveau « tout puissant ». Déjà, d'autres messages commençaient à arriver, des demandes commerciales, des déclarations de guerres, des publication de livres, dont une biographie de Siko'o expliquant comment il avait tué tous les goa'ulds habitant la galaxie pour prendre le pouvoir et comment les victimes auraient pu se prémunir contre le désastre. Devant cette routine qui reprenait vie face à lui, Meshel soupira de soulagement, rasséréné.

Soudain, derrière lui, un hurlement retentit :


« - Crétin ! »

C'était Youn qui s'était levé, rouge de fureur face à une nouvelle provocation d'Edenis qui lui rétorqua du tac-o-tac :

« -Gonzesse ! »

Surprit, le pion perdit l'équilibre et se vautra par terre. Les deux élèves en profitèrent pour se jeter l'un sur l'autre. Le pion se releva aussi sec, se dirigea vers eux et se mit à les frapper tour à tour à grands coups de bâton.

Il ne s'arrêta que quand les deux ennemis s'arrêtèrent de bouger, gisant au sol sans connaissances. Ce n'était pas de la haine, mais de la peur qu'on pouvait voir dans son regard : lui même serait châtié pour avoir laissé faire ça sous sa surveillance. Se tournant vers Meshel, il se mit à lui hurler, l'air paniqué :


« - Je fais quoi maintenant ?! Je fais quoi ! »

Meshel n'eut rien le temps de dire. Le pion se jeta sur lui et lui envoya un grand coup de bâton à travers le visage, puis il s'en alla en courant.
« Modifié: 17 novembre 2011 à 11:59:51 par Aïdos »

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Re : Premier Concours : Némésis & Aïdos
« Réponse #3 le: 20 novembre 2011 à 20:34:49 »
+1
III - L'esprit possédé.


La journée fut longue pour Emie. Les esclaves travaillaient trop lentement, trop bêtement.
Elle commençait à avoir des pensées qui la surprenait de temps à autres. Il lui semblait entendre une voix intérieure, la guidant dans des actes simples mais rendus encore plus aisés grâce à cela.

Sans réfléchir, elle mit cela sur le compte de sa conscience qui l'aidait à réparer ses erreurs suite au mécontentement de son mentor.

Dès la journée suivante, elle reçu la visite d'un garde de son mentor.


Ma dame, votre maître m’envoie vous informer qu'il reviendra examiner votre avancée dans les recherches d'ici cinq jours. Il vous conseil vivement d'avoir quelque chose qui l'intéressera.

Il salua et disparu en sortant de sa tente. Emie commençait à avoir la migraine. Finalement, ne passant pas, elle se décida à aller observer les choses dehors.
Un esclave vint vers elle et lui tendit un sac. Elle lui jeta un regard douteux.


Numéro... 547?

J'ai fais ce que vous avez demandé, maîtresse. Je vous ai apporté les objets que vous avez décrit, venus de la réserve des objets collectés depuis le début de cette entreprise.

Elle saisi le sac, et l'esclave partit sans attendre. Elle se frotta le front.

Je n'ai jamais rien demandé hier. Quel stupide homme.

Elle posa le sac dans sa tente parti ensuite vérifier l'avancement de ses concurrents.

"concurrents" ? Cette pensée la surprenait. Elle considérait les autres apprentis comme des camarades, pas des adversaires...

Je prendrais plus de repos dorénavant, se dit-elle.

Elle observa les autres apprentis : à part Ashton, les deux autres n'avaient pas avancé d'un poil. Des incompétents, tous autant qu'ils sont.
Elle fut encore surprise par ses pensées, mais n'y prêta guère attention.


Mais lorsqu'elle commença à former une pensée positive envers le travail acharné d'Ashton, une autre s'immisça dans sa tête :

Il ne vaut pas mieux, il pourrait aussi bien mourir que ce ne serait qu'un avantage.

Elle poussa un hoquet un peu effrayé.

Je connais tes secrets, je suis toi, après tout. Écoute mes sages conseils et tu ne seras plus jamais violentée par ton mentor.

Emie secoua la tête rapidement, formulant sa réponse à voix basse.

Le fruit de mon imagination croit pouvoir me conseiller? Tu dis que nous sommes une même personne, mais tu parles de moi comme si j'étais bien différente de toi.

La voix rie doucement.

Nous sommes une même personne, mais nos personnalités sont différentes. Oh que oui. Tu laisses ta route vers la gloire déviées par des sentiments inutiles, des règles absurdes. Tout cela pour une "perfection" que tu n'obtiendras jamais.

Emie croisa les bras, retournant dans sa tente.

Tu n'existes pas, je n'ai pas à t'écouter.

Très chère, j'existe et tu le sais : tu ne me parlerais pas sinon. Accepte la vérité, ouvre ton esprit à la réalité, et là, tu seras parfaite.

Tss, inutile chose, n'essaye pas de me détourner de mon devoir. J'ai déjà assez de mal, alors assez!

Nous verrons cela, fini la voix avec un rire sournois.[/i]

Emie était presque en sueur et prit une douche rapide grâce aux avantages de sa tente de luxe.
Une fois sortie, elle constata une dégradation de ses actes : elle se donnait l'impression d'être lente et gauche dans ses gestes, devant le miroir, dans son attitude...


Elle jeta un regard vers le sac amené plus tôt par 547 et la voix reprit.

Je peux t'aider comme je peux te gêner. Faire de ta conscience ton ennemie ne serait pas une riche idée.

Silence. Je sais encore vivre sans toi, je l'ai fait depuis longtemps.

Non, grinça la voix. Je n'ai jamais jugé utile de te parler directement, c'est tout. J'ai influencé tes gestes et pensées subtilement depuis ta naissance : en cours, avec tes petits amis, lorsque tu as dû t'illustrer avec ce cher Djosé pour devenir son apprentie... Je sais tout de toi car j'ai tout vécu avec toi.

Un silence.

Ainsi que les violences de ton maître dernièrement, plus particulièrement. J'ai jugé bon de t'aider, mais j'ai eu tord.

Emie laissa s'échapper un soupir.

Je veux... Devenir quelqu'un. Importante, parfaite. Tu ne peux rien pour moi.

Oh si, je le peux. Sa voix avait un goût mielleux dans son esprit. Je peux t'aider à le devenir, et bien plus encore. Il suffit d'une chose.

Une larme due à la confusion et la joie de cette illusion coula de son œil droit.

Que dois-je faire...? Dit-elle, la mine abattue.

Ouvre ton esprit à moi, et je pourrais te prodiguer des conseils plus simplement. Je serais capable de t'aider à percevoir des choses que tu n'oses imaginer. Tu auras accès plus facilement à ton savoir.

Emie ferma les yeux, pensant avec un sourire bêta à ce qui lui était promis, et elle hocha la tête.

A l'instant où son esprit fut ouvert, la présence devint plus forte, même puissante. Emie, dans un élan de panique, voulu ouvrir les yeux, crier, se lever, tomber, tout en même temps. Mais rien. Son hurlement ne fut qu'un écho dans un vide aussi noir qu'infini.

Finalement, Emie fut soulagée de voir ses yeux se rouvrir. Mais la suite la terrassa moralement comme rien d'autre.

Une voix rauque se fit entendre : sortie de la bouche d'Emie, avec un semblant de sa voix, mais les gestes et mots n'étaient plus les siens.

Enfin, je vais pouvoir me venger. Je suis Némésis, déesse de la vengeance. Tu seras mon instrument.

Et ses yeux s'illuminèrent, en totale opposition à l'esprit d'Emie plongé dans les ténèbres.


Dix minutes plus tard, Némésis sortit. Elle s'était habillée plus correctement, un sac à dos sur le dos (sensationnel n'est-ce pas?), et fit signe à ses gardes.

Surveillez les esclaves, et qu'ils travaillent mieux. Utilisez la force si nécessaire.

L'autorité dans sa voix laissa bouche bée les gardes qui hochèrent la tête.

Elle se dirigea vers la ville, et plus précisément vers la demeure de maître Djosé. Une fois arrivée, elle fit demander une audience avec celui-ci.

Némésis dû attendre facilement une, peut-être même deux, édane. Mais cela ne lui laissa que plus de temps pour réfléchir à ses actions à venir (si tant est que ce terme pouvait être utilisé à pleine puissance avec elle).

Enfin, un garde vint dans la salle où elle patientait. Elle le suivit jusque dans la chambre du maître, qui était allongé dans son lit. Manifestement, il avait bien dormi. Et semblait satisfait de voir la figure de son apprentie.

Tu tombes très bien tu sais...

Némésis allait parler, mais Djosé lui coupa la parole.

Je me fiche de tes résultats de recherche. J'attendrais un peu plus même si...

Là, ce fut elle qui le coupa, tandis qu'elle posait son sac et qu'elle plongeait les mains dedans.

Cher maître, j'ai quelques petites choses à vous montrer.

Elle sortit ses mains du sac, et celle de droite était enfilée dans un bracelet de force.
Elle leva le bras et envoya une décharge sur Djosé, le faisant s'écraser fortement contre le mur derrière lui.


Elle partit d'un rire de soulagement, quand des gardes pénétrèrent la pièce, alarmés par le bruit.
Némésis avait encore fait fort en loupant en partie sa mission. Encore.


Elle envoya sans prévenir une décharge sur les gardes qui entraient, les envoyant valser au loin. Mais déjà d'autres se ruaient sur elle par le passage restreint de la porte.

Dans un accès de rage, elle envoya une troisième décharge, mais bien plus puissante. Cela fissura le mur des deux côtés de la porte qui fut arrachée dans l'action. Des gardes furent envoyés si fort contre le mur opposé que leur nuque se brisa sans efforts.

Lorsque Némésis voulu donner une dernière attaque, le gantelet crépita une seconde avant de rendre l'âme.

La surprise provoqua un hoquet de sa part, et la pauvre n'eut pas le temps de voir venir derrière elle un coup de matraque comme on en voit dans le milieu étudiant.
Puis un autre, et un autre. Némésis perdait pied dans tous les sens du terme, mais avant de totalement sombrer dans le noir, elle vit que son bourreau n'était autre que le mentor de son hôte...


Celui-ci regardait le corps blessé mais encore en vie de son apprentie mais n'oubliait pas ses yeux de feu, et ses pouvoirs. Il désigna Némésis du doigt :


Faites là envoyer en cellule publique! Qu'elle sache ce qu'il en coûte de s'en prendre à MOI!

Les gardes exécutèrent les ordres avec entrain, craignant que Némésis se réveille trop vite...
« Modifié: 22 novembre 2011 à 21:49:50 par Enki »

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Re : Premier Concours : Némésis & Aïdos
« Réponse #4 le: 22 novembre 2011 à 21:48:27 »
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Tout était flou et légèrement évanescent, comme si rien n'était réel. Meshel avait l'impression d'évoluer dans du coton. Il se trouvait dans un temple. Tout était grand, gigantesque, voir colossal. D'autant plus qu'il ne faisait guère plus d'un mètre dix lui-même...
Son jouet était cassé : une petite roue avait cédé, laissant sa voiturette bancale. Naturellement, il était partit à la recherche de son père afin qu'il la répare.
Le père de Meshel, Mez, était Archéologue. En voilà un nom compliqué pour parler de quelqu'un qui passe son temps à explorer des lieux situés sous terre. Sa mère, Drareshel était morte en le mettant au monde... Ses derniers mots, chuchotés à son mari dans un délire, avaient été pris par celui-ci comme une sorte de prophétie : un esclave tuerai Meshel et prendrai sa place...
Oh, le sujet était bien l'objet de quelques phobies de la haute société quand les carnimorpheurs couraient les rues... Mais voilà, c'était un fantasme, rien d'autre. Les carnimorpheurs étaient trop difficile à pirater pour que de simples esclaves sachent, ne serait-ce que les allumer...
Mais Mez croyait dur comme fer en la véracité de la dernière parole de sa femme. Aussi, pour éviter le drame, il tenait Meshel loin à l'écart des esclaves. Voilà pourquoi le petit garçon de cinq ans à peine n'était pas chez lui, ni chez un esclave-garde-d'enfants, mais sur un chantier de fouilles...
Meshel trébucha soudain et tomba au sol en poussant un petit cri, s'écorchant les genoux. La douleur lui fit monter les larmes aux yeux. Dans un accès de rage, il voulu voir ce qui l'avait fait tomber, afin de le briser, le réduire en miette, ou du moins le jeter très loin.

Une petite pointe brillante dépassait de la poussière.

La douleur et la colère faisant place à la curiosité, Meshel se mit à creuser le sol de ses mains afin de dégager la pointe brillante. Le sol était friable, comme du sable. Il ne lui fallut qu'un instant pour dégager un grand vase, presque aussi long que son avant bras et au moins deux fois plus large. L'essentiel du vase était fait dans une matière lisse, douce et chaude au toucher, d'un blanc nacré. L'ensemble était surmonté d'un couvercle d'or à l'effigie d'une louve, d'où partait quelques baguettes d'or ouvragées. Quatre baguettes partaient vers le bas. Deux longeaient le vase jusqu'à sa base et figuraient chacun deux membres de la louve. Les deux autres s’aplatissaient et se rapprochaient tellement du vase qu'on les eut cru incrustées dedans. Elles figuraient les mamelles de la louve gonflées par le lait. Enfin, de nombreuses autres baguettes partaient vers le haut, la plupart étaient brisées. Elles formaient comme un halo autour de la tête de la louve.


« - Meshel ? »

Mez devait avoir entendu le cri de son fils et était parti à sa recherche. Surprit d'entendre la voix de son père à proximité, Meshel laissa tomber le vase qui se brisa sur une pierre.
C'était mal... C'était très mal... Meshel n'avait pas le droit de toucher les objets des fouilles de Mez, et encore moins de les briser. Il devait cacher sa bêtise, vite. Commençant à paniquer, le gamin poussa du pied le vase vers le trou dont il l'avait extrait, puis, s'agenouillant, il se mit à combler le trou de ses mains tout en hurlant :


« - Je suis là, pap.. »

Il ne put pas finir sa phrase : une vive douleur lui brûlait soudainement la gorge. Cependant, il ne réussit pas à réagir et continua à pousser la terre jusqu'à avoir rebouché le trou. Alors, il se redressa sans le vouloir et vit arriver Mez.

« - C'est toi qui a crié ? » S'enquit celui-ci.

« - Oui, papa, je suis tombé, regarde. » S'entendit-il répondre, tout en se voyant désigner son propre genoux meurtri.

Mez regarda brièvement le genoux que lui désignait son fils, puis, refixant son attention sur son visage, il prit un air sévère et déclara :

« - Je t'avais interdit de quitter la tente, c'est bien fait. Les chantiers de fouilles ne sont pas des endroits pour les enfants. Maintenant, retourne jouer là-bas.

- Oui, papa. »

Meshel sentit alors qu'il se retournait et commençait à se diriger vers le campement. Mais ce n'était pas ce qu'il voulait faire. Il voulu se retourner vers son père... Mais échoua. Il voulu appeler son père... Mais échoua. Il voulu pleurer... Mais échoua. Alors, il sentit SA présence. Elle s’appelait Aïdos, et tout en elle était plus grand que lui. Son âge, sa soif de pouvoir, son désir de vengeance, son désir de vivre, son savoir, son esprit... Meshel se sentit comme aspiré dans un trou noir.

Quiconque aurait vu le bambin à ce moment aurait vu ses yeux s'illuminer.

Aïdos venait de s'éveiller et de faire sa première victime : l'esprit d'un enfant est trop faible pour rester sain et entier face à celui d'un alien âgé de plusieurs siècles...


   *   
*      *

Aïdos se réveilla en sursaut. Quel rêve étrange... Enfin, ce n'était pas un rêve, mais un souvenir vieux de douze années... Depuis ce jour où elle avait prit le corps de Meshel, la conscience de l'humain c'était entièrement liée à la sienne... Comme si il s'était dilué en elle. Ils ne faisaient plus qu'un, désormais, et autant dire que l'enfant n'avait rien apporté à édifice qu'ils formaient tous les deux... C'était la première fois depuis bien des années que quelque chose provenant du Meshel originel réussissait à remonter à la surface.

Aïdos se secoua intérieurement.

Elle se força à ouvrir les yeux, afin de voir où elle se trouvait. Elle vit aussitôt des chaises, des pupitres, et un mur de couleur vive... l'UCA.
Edenis et Youn étaient étendus plus loin. Aïdos se releva sur ses coudes puis tendit le bras afin d'éteindre son pupitre : nul ne devait découvrir qu'elle avait piraté plusieurs systèmes, ni qu'elle suivait assidûment les conversations d'une race alien. Elle se releva péniblement, réunit ses affaires, et partit, sans se demander quelle heure il était : si le pion était un minimum intelligent, il serait, à l'heure actuelle, en train de s'enivrer dans la taverne du coin... Edenis, Youn et Aïdos n'avaient fait que perdre conscience. Si l'enseignant venait à apprendre ce qui c'était passé, ils seraient sévèrement punis tous les quatre. C'était la meilleure garantie possible que chacun garderait le silence et s’attacherait à oublier cette soirée.

Aïdos se mit donc en route vers la demeure de Meshel, sa demeure. Il sortit de l'université sans voir personne. Il était tard, il faisait nuit. Les trois lunes étaient levées, mais la rue était sombre car chacune d'elles n'était alors qu'un jeune croissant dans le ciel.
Aïdos réfléchissait à ce qu'elle avait pu lire avant que le pion ne perde les pédales. Pourquoi les réserves d'eau de Métis n'avaient pas été empoisonnées par Siko'o ? Il s'agissait d'une planète-océan, tout de même... Après un instant, Aïdos comprit qu'en l'absence de toute activité goa'uld sur Métis, Siko'o n'avait pas jugé bon de gaspiller de son précieux poison.

Meshel expira bruyamment par le nez, excédé.

Qu'est-ce que cela pouvait bien faire ? Après tout, la porte des étoiles était gardée par l'armée... Il le savait car le père de Meshel, Mez, l'avait découverte lors de la campagne de fouilles qui lui avait permis de prendre possession de l'enfant. Aïdos n'avait pas prévu de devoir s'en aller clandestinement de la planète, il n'y avait donc pas de vaisseau caché par ses soins... Hors, même si les humains en avaient déterré un, après des siècles d'enfouissement sauvage, la probabilité qu'il soit fonctionnel était pratiquement nulle.
Bref, elle ne pouvait partir que par l'aide de Némésis, en supposant qu'elle soit vivante, consciente, et qu'elle dispose d'un vaisseau... Ou par la porte des étoiles, ce qui était pratiquement impossible...

Soudain, Meshel entendit des clameurs. Curieux, il se dirigea vers le bruit. C'était plus loin, là où la rue sordide qui menait à l’université débouchait sur une large avenue. Plus loin, de l'autre côté de l'avenue, en léger contrebas, une petite foule s'était rassemblée autour d'une maison. Des gardes de sécurité en sortaient une civière sur laquelle était sanglée une femme.

C'est alors qu'il le sentit.

Bref, comme un éclair.

Une lourdeur sourde à la base de la nuque : un symbiote goa'uld se trouvait non loin.

En douze ans, Aïdos n'avait pas éprouvé cette sensation une seule fois. Une nuée de sentiments puissants et contradictoires déferlèrent sur elle : la peur, s'agissait-il d'un ashrack au service d'Athéna ? L'espoir, s'agissait-il d'un allié potentiel ? La curiosité, qui était-ce ? Goa'uld ? Jaffa ? Et un autre nettement moins avouable... S'agissait-il de Némésis ?

Tout aussi rapidement, une certitude s'empara d'elle : c'était Némésis... Et elle était cette femme, sanglée à la civière, inconsciente, avec ce qui ressemblait à une arme de poing goa'uld brisée à la main.

Comme il était arrivé sur l'avenue, Meshel fit demi-tour et retourna dans la ruelle sombre. Son esprit bouillonnait. Aïdos n'avait pas de plan... Elle avait toujours su que Némésis n'aurait jamais la patience d'attendre son heure dans cette société humaine dégénérée... Mais ne sachant ni comment la trouver, ni où la trouver, ni quand elle se dévoilerait... Aïdos n'avait jamais vraiment pu prévoir de plan d'action... Et cela la pertrbait au plus haut point.
Enfin...
Elle avait bien une ouverture, mais il serait vraiment osé de la tenter...
Il s'agissait de Naryia, la fille d'un éminent politicien, notamment responsable des questions de sécurité intérieure de Mesmérie... Une familles de fachos... Mais des fascistes très influents. Mez étant lui-même très important, il avait eut l'occasion de les côtoyer. Meshel s'était dès lors employé à se faire apprécier de la fille, puis de la jeune femme qu'elle devint plus tard. Et naturellement, les deux pères voyant leurs enfants s'entendre aussi bien virent là une merveilleuse opportunité d'une alliance entre les deux familles. Naryia était promise en mariage à Meshel depuis l'âge de douze ans. La pauvre fille était magnifique, mais n'avait pas la moindre once de personnalité. C'était pratiquement un légume, dépouillée de toute forme de caractère. Ce qui la rendait d'autant plus facile à manipuler. Et pour couronner le tout, elle se consumait littéralement d'amour pour Meshel.

Mais que faire ? Convaincre Naryia de voler à son père les accès au centre de détention où finirait Némésis (un jour ou l'autre), puis, courir vers la porte des étoiles, affronter, seul et à mains nue une armée d'humains entraînés et armés, et rejoindre la planète où Némésis et elle devaient se retrouver en cas de soucis ?

La folie de ce plan fit éclater Meshel de rire.

Un voix lui grogna alors :


« -Ravi de voir que tes derniers moments sur ce monde auront été heureux. »

Puis un visage familier sortit de l'ombre et lui asséna un coup violent sur la tête. Un esclave venait de l'agresser.

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Re : Premier Concours : Némésis & Aïdos
« Réponse #5 le: 22 novembre 2011 à 23:15:19 »
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IV – Amour, passion et couilles de plomb.



Lorsque Meshel reprit conscience, ce fut pour avoir la désagréable sensation de « se voir lui même dans un autre ». Pour une fois, Aïdos pouvait se voir infliger ce que les humains possédés par un goa'uld subissent, et elle n'aimait pas ça du tout : en face d'elle, elle reconnaissait le visage de Meshel, comme dans un miroir... Sauf que ce n'était pas une image ni un miroir, ni une quelconque réflexion de Meshel : c'était l'esclave qui avait utilisé un carnimorpheur pour prendre l'apparence du fils de Mez.

Il voulut se redresser, mais ses membres ne lui obéissaient pas, ils étaient gourds et ne répondaient pas normalement. Toutefois, cela suffit à attirer l'attention de l'esclave qui se pencha sur lui et dit en un rictus :


« - Désolé mon gars, c'est pas personnel. J'veux juste pas rester esclave le peu de mon court restant de vie... Si j'avais eut le choix, j't'aurai tué pendant que tu étais inconscient, c'est plus humain, mais le carnimorpheur ne marche que sur les êtres vivants et tu viens d'en sortir... Alors... »

L'esclave plaça son pied sur la gorge de Meshel et se mit à appuyer fortement. Aïdos réfléchissait à toute vitesse : comment se sortir de ce mauvais pas ? Commençant à manquer d'air, elle essaya de dire quelque chose, mais ses lèvres remuaient sans émettre le moindre son. Voyant que sa victime tentait de parler, l'esclave relâcha légèrement sa prise et se pencha en avant.
Était-ce du remord ? S'agissait-il du respect d'une croyance quelconque ? Quoiqu'il en soit, il ne pouvait pas se résoudre à tuer quelqu'un sans écouter ses dernières paroles, fut-ce une malédiction.
Tentant sa chance, Aïdos continua à essayer de parler. L'esclave se penchait de plus en plus, jusqu'au moment où enfin, vif comme l'éclair, le symbiote put abandonner le corps de Meshel pour sauter dans celui de l'esclave, profitant du fait que sa bouche béait légèrement.


   *   
*      *

Le vrai Meshel avait maintenant l'apparence standardisée des esclaves... Et le regard vide d'un légume. Dans un éclair de fureur, le faux Meshel lui broya la gorge du talon, l'achevant dans la foulée.

Aïdos aurait du se réjouir.

Vrai Meshel ou faux Meshel, tant que les apparences étaient sauves et qu'elle était seule maître à bord, en fin de compte, rien ne changeait...

Sauf que l'éclair de fureur qui avait achevé le Meshel originel n'était pas son œuvre : le faux Meshel luttait comme un dément pour conserver le contrôle de son corps. Aïdos pouvait voir dans son esprit comme dans un livre ouvert. Alors qu'il était enfant, le faux Meshel avait vu sa famille être déchue de son rang de citoyen, faute de pouvoir s'acquitter des taxes. Ses parents, ses deux frères et sa sœur furent alors carnimorphés et subirent un lavage de cerveau afin de devenir de bons esclaves dociles. Il oublia son nom, son visage, le visage et les noms de ses proches... Mais il réussit à s'accrocher à certains mots. Son propre passé lui resta en mémoire comme le récit de son histoire. Sa volonté de survivre, d'améliorer sa condition de vie et de redevenir libre marquèrent son esprit plus durement que tous les conditionnements de Mesmérie. Il se distingua comme esclave de qualité dans un seul but : être l'esclave d'un technicien de carnimorpheur. Et il réussit. Il apprit alors clandestinement tout ce qu'il y avait à savoir sur les carnimorpheurs... Puis il sélectionna une proie : celui qu'il voulait devenir... Et ce fut Meshel qu'il choisit.

Pendant plusieurs années, il suivit la progression de Meshel, notant soigneusement ses habitudes, ses fréquentations, sa façon de marcher, de s'exprimer... Le technicien dont il était l'esclave était lui-même au service de Mez, observer Meshel et tout apprendre de lui était facile : les esclaves sont pratiquement invisibles. Le plus difficile avait été d'atteindre le même niveau scolaire que Meshel : il faisait figure de surdoué alors que les esclaves n'avaient pas droit à l'éducation... Mais si les résultats scolaires de Meshel avaient baissé du jour au lendemain lorsque l'esclave aurait prit sa place, cela aurait attiré des soupçons.

Puis, le moment venu, malgré tout ce qui aurait pu tourner mal, malgré le châtiment qu'il encourait pour appliquer son plan, l'esclave se jeta à l'eau et vola l'identité du fils du patron de son maître. Maintenant, il était Meshel, et il ne laisserai personne le contre-dire.

Peut-être s'était-elle empâtée avec le temps... Son hôte, prit enfant, ne lui avait jamais opposé de résistance... Aïdos n'avait eut aucune difficulté à manipuler son monde. Mais ça, elle ne l'avait pas vu venir. Et le caractère et la détermination de son nouvel hôte la déstabilisaient complètement.

En fait, elle doutait de parvenir à le maintenir sous contrôle.

Contre toute attente, Meshel perçut ce doute et tenta aussitôt sa chance : il y avait des clameurs plus loin, sur l'avenue, si il parvenait à prendre le contrôle de ses jambes et de sa bouche pour demander de l'aide, les gens l'aideraient, car ils verraient en lui le fils de Mez ayant échappé de justesse à une agression de la part d'un esclave.

Il parvint à faire deux pas, puis s'effondra : Aïdos n'allait pas se laisser faire par un vulgaire humain. Les humains, elle les réduisait en esclavage, elle les contrôlait, elle les tuait. Ce n'était pas un vulgaire esclave qui allait lui tenir tête.

Mes Meshel perçut ses pensées. Il avait été esclave, et l'idée de partager son esprit avec une abomination telle qu'une goa'uld le révulsait. Il avait tout risqué pour sa liberté. Désormais, il s'était offert une vie et il comptait bien en profiter ! Se redressant, il se mit à ramper en direction de l'avenue.

Mais Aïdos savait quelle vie voulait Meshel. Une vie dégénérée, dans une société dégénérée, perdu sur un rocher stérile alors que toute une galaxie s'ouvrait à elle !

Meshel cessa de lutter. Partir vers les étoiles ? S'offrir la vie éternelle ? Posséder richesse et pouvoir ? Métis n'était jamais qu'un monde parmi une multitude d'étoiles...

L'esprit du symbiote et de l'hôte étaient partiellement mêlés. Contrairement aux Tok'râ que nous connaissons bien, les goa'uld répugnent à se mêler à leurs hôtes, mais ils n'arrivent jamais à complètement s'en isoler... Normalement, l'hôte lutte, jusqu'à plier ou gagner... Dans le premier cas, le goa'uld en prend définitivement le contrôle et instaure son règne... Dans le second cas, le goa'uld meurt, et, dans un dernier réflexe, tue son hôte. Les goa'ulds appellent ça « le rejet ».

Meshel, le nouveau Meshel, était un hôte si fort, qu'il aurait dû y avoir rejet. Mais dans leur lutte mentale, Aïdos avait amené sur le tapis quelque chose qui l'avait calmé : de quoi nourrir son ambition.

Meshel et Aïdos se relevèrent. Il s'agissait d'une décision conjointe. Ni l'un, ni l'autre ne pouvait agir seul : l'autre l'empêcherai d'utiliser le corps à sa guise. De la même manière Qu'Aïdos avait pu lire le passé de l'esclave dans son esprit, celui-ci pu lire celui d'Aïdos, du moins, dans les grandes lignes : l'esprit d'un goa'uld est bien trop complexe pour qu'un humain puisse l'appréhender.




   *   
*      *


Sans vraiment comprendre comment cela était possible, Aïdos était face à Naryia. Aïdos n'avait pas souvenir d'être venu jusqu'ici... Il lui faudrait du temps pour trouver un accord avec Meshel afin qu'ils puissent utiliser tous deux ce corps efficacement. Elle s'interdisait cependant de seulement penser à abandonner Meshel pour un autre hôte : maintenant qu'elle avait flatté l'ambition du jeune homme, il ne la laisserait pas partir facilement. De plus, un étrange sens du devoir animait Meshel : si il pouvait supporter de partager son corps pour atteindre ses objectifs, il était hors de question qu'il laisse Aïdos, la démone, prendre possession d'un autre, cette simple idée était abjecte.

Aïdos reporta son attention sur Naryia. Elle était petite (environ 1m60), menue, brune, et, fait peu commun, ses yeux étaient d'un bleu profond, qui évoquaient immédiatement la couleur lapis lazuli. Ses cheveux longs, raides et fins descendaient le long de ses épaules et de son dos frisant légèrement à hauteur de coudes, leur extrémité se plaçant au creux des reins de la jeune femme.
Un frisson parcourut Meshel alors qu'une sorte de pulsion s'emparait de lui : les esclaves n'avaient pas le droit d'avoir des rapports sexuels. Il désirait profondément Naryia. Aïdos réussi à le calmer. C'est à cet instant que Naryia déclara :


« - C'est d'accord. »

D'accord ? D'accord pour quoi ?



   *   
*      *


Un trou de mémoire plus tard, Aïdos courrait dans une galerie souterraine. Les mains dans le dos, elle portait un lourd objet métallique, comme un cercueil. Sans même se retourner, elle savait que l'objet contenait Némésis et que Naryia portait l'autre extrémité, courant aussi.

Quelques crépitements retentirent : on leur tirait dessus.


« - Tu n'es pas blessée ? » S'entendit dire Aïdos.

« - Tais toi et court ! » Lui répondit Naryia.

L'installation était un vrai labyrinthe. Meshel était perdu, il n'arrivait pas à se souvenir du plan : lui aussi souffrait de trous de mémoires à cause de la symbiose avec Aïdos. Le goa'uld s'employa donc à retrouver le souvenir de Meshel correspondant au plan de la base : il était là, il était juste inaccessible.
Combien de temps coururent-ils ainsi ?
Quel miracle les aida à ne pas se faire abattre ?

Aïdos était persuadée qu'ils allaient tous mourir dans cette base. Elle n'avait pas eut le temps d'élaborer un plan... Meshel s'était emparé de son idée folle et l'avait appliquée sans réfléchir, tentant le tout pour le tout.

Finalement, Aïdos réussit à retrouver le souvenir du plan et aiguilla leur course vers la salle de la porte des étoiles. Ou plutôt le hangars de la porte... : pour leur plus grande joie, les militaires ignoraient totalement de quoi il s'agissait : ils pensaient qu'il s'agissait d'un genre de bombe...

Les deux adolescents et leur cercueil de métal se dirigèrent alors vers le DHD et Aïdos composa l'adresse d'un monde isolé que seules Némésis et elle connaissaient. Aussitôt, comme dans un rêve, le cercle intérieur de la porte des étoiles se mit à pivoter dans un sourd bruit de métal frottant contre le métal. Un à un, les chevrons s'enclenchèrent dans un cliquetis rauque. Puis l'explosion de particules instables, et enfin, un horizon des événements stable.


« - Suis moi, Naryia, n'aie pas peur ! » S'entendit-elle hurler à la jeune femme qui la suivait.

Puis elles passèrent la porte.

Un battement de paupière plus tard, elles se trouvaient, toutes les deux, à porter leur cercueil métallique sur une minuscule île au milieu d'un vaste océan. Dans le ciel brillait trois soleils rouges. Au sol gisaient des centaines de cadavres plus ou moins récents.

Deux colonnes de métal surgirent du sol soudainement. Puis une voix métallique se fit entendre :


« - ADN reconnu. Némésis et Aïdos. Identifier troisième forme de vie.

- Invitée ! » Grogna Meshel en réponse à la machine, avant d'ajouter :

« - Nous sommes suivis. »

Aussitôt, des anneaux de transfert surgirent du sol. Se tournant, la dernière chose de la surface de ce monde que virent Meshel et Aïdos fut un soldat mesmériens émergeant de la porte des étoiles l'air étonné, avant d'être abattu par un tir provenant d'une des colonnes métalliques.

Les trois personnes se rematérialisèrent dans un vaste hangars souterrain.

Il contenait un sarcophage, des vaisseaux, des armes, un laboratoire. Après avoir fait mine de vouloir explorer les lieux avec Naryia, Aïdos la mena jusqu'à une prison où elle l'enferma par la ruse : elle voulait la tuer, mais Meshel n'était pas d'accord...
Ensuite, elle plaça Némésis au cœur du sarcophage... Sa chère sœur était mal en point. Elle avait encore changé d'hôte... Combien de fois depuis qu'elle l'avait vu sanglée sur une civière ? Impossible à dire.

Il y avait dans le hangars de quoi conquérir un monde.




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Une semaine plus tard, les défenses de Métis tombaient. La Mesmérie courba l'échine, comme le reste du monde. Formant la première pierre du nouvel empire de Némésis et Aïdos.



FIN.