hrp/ Cette petite suite sans prétention de l'aube de la rébellion se passe avant le RP "Nous sommes tous des frères" (que je vous conseillerais vivement de lire si ce n'est pas déjà fait car c'est une oeuvre sublime écrit par un grand génie... Comment? Mes chevilles?... /hrp
La petite Maya se promenait à travers champ, profitant du soleil et du parfum des fleurs. Elle était joyeuse et riante de pouvoir enfin sortir de chez elle après plusieurs jours de pluies diluviennes. Elle s’installa confortablement sur l’endroit le plus en hauteur qu’elle put trouver et contempla les environs. Soudain, son attention fut captée par des bruits venant de la forêt toutes proches, elle dut tendre l’oreille pour discerner les multiples voix qui parlaient et qui amplifiaient au fur et à mesure qu’elles approchaient.
-Pas si vite devant !
-Poussez pas derrières !
…
-Vous venez souvent ici ?
-Moi ! Oh ! La dernière fois c’était l’année de la Libellule, d’ailleurs...
…
-Fait sombre ici.
…
Mais les voix étaient pour la plus part couverte par le son d’un chant, un chant guerrier à l’évidence, et, la personne qui tendait une oreille avisée aurait pu reconnaître le Chant de guerre pour la flotte du système de Trodlas, plus communément appelé La Pémaroise, car se furent les troupes de Pémar, arrivées en renforts lors d’une bataille décisive, qui la chantèrent et la rendirent célèbre. Ce chant avait déjà fait le tour des champs de bataille contre les faux dieux et s’était peu à peu imposé comme le chant de guerre officiel des forces rebelles.
Il ne fallut pas longtemps pour voir quelle était la source de tout ce raffut : des jaffas en formation de marche sortaient en colonne du sous-bois. L’homme qui en était à la tête avait un visage fermé et l’air sévère et, par inadvertance, il écrasa malencontreusement Maya, la petite abeille qui se reposait sur un pissenlit, qu’elle mangerait désormais par la racine au lieu de le butiner.
-Halte ! On va s’arrêter pour la nuit et poser le camp ici.
Cette déclaration fut aussitôt suivit de soupir de soulagement
-Enfin ! C’est pas trop tôt. Je commençais à avoir les jambes lourdes.
-Je vais me faire une soupe aux champignons, j’ai eu le temps d’en cueillir deux ou trois avec des couleurs fortes sympathiques : rouge à pois blanc. Je vais me régaler.
Et d’autres réflexions dont la portée et l’intérêt étaient plus que limités.
Les tentes furent montées sans empressement : la soirée était belle et la nuit s’annonçait calme.
Autour du grand feu qui trônait au centre du camp, les jaffas prirent leur pitance en parlant du moment historique qu’ils étaient en train de vivre au sein de cette « rébellion », comme les Goa’ulds la désignait.
-Te rends-tu compte ? Nous sommes en train de vivre un moment historique au sein de notre rébellion ! S’enthousiasma un petit jaffa au crâne rasé.
-J’ai l’impression d’avoir déjà entendu ça il n’y a pas longtemps. Répondit un autre jaffa, plus grand mais le crâne tout autant rasé.
-Je n’ai pas arrêté d’en parler depuis ce matin : nous vivons quelque chose de grand, qui changera le visage de la galaxie.
-Moi, tant que j’ai ma solde à la fin du mois, c’est pareil. Je me suis engager car la paye est meilleure que chez les Goas, c’est tout.
-Mais… la possibilité pour chacun de présider à son propre sort ; ni dieu, ni César, ni tribun ; la promesse de petits lendemains radieux : qu’en fais-tu ?
Le plus grand des deux jaffas fit un geste de la main comme pour balayer ses mots.
-Tant qu’il y a un lendemain, ça me suffit, tout le reste n’est que blabla et paroles veines.
Plus loin autour du feu, un jaffa gros et barbu, lança d’une voix grave à ses camarades autours de lui :
-Et vous connaissez l’histoire des deux pédés dans un ascenseur ?
-Oh, ils se racontent des blagues là-bas, je te laisse, j’ai envie de me marrer. Dit en se levant le second jaffa qui s’éloigna.
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Pendant ce temps, le sort de la rébellion était justement l’enjeu d’un vif débat sous la tente de commandement. Personne, surtout pas les principaux intéressés, ne se souvient réellement de ce qui se passa ce soir là, mais une chose était sûre : la République des jaffas était née.
Voici le compte-rendu précis dont même les personnes qui ont participé à la réunion ont oublié à cause d’une beuverie et de l’abus d’herbes spéciales inconnues qui avaient été retrouvé dans d’anciens entrepôts impériaux d’Ouserkaf, et dont la provenance ne fait aujourd’hui plus aucun doute.
-J’avais demander qu’il soit tiède, pas froid! Qu’est-ce que c’est que ce bazar ?
Le jeune cuisinier n’avait pas l’habitude des colères de Mémé si bien qu’il tenta de riposter.
-Désolé madame, mais le jus de Bleubark, ça se boit froid.
-Hé ! Mais tu ne serais pas le petit Abakada toi ? Fais attention, je connais bien ta grand-mère. Tu ne voudrais pas que je lui dise de venir pour te redonner des fessés, tu sais qu’elle fait mal.
Toute couleur disparu du visage du jeune cuisinier, on aurait presque pu voir à travers.
-Je vais vous en chercher un autre tout de suite. Dit le jeune jaffa en sortant rapidement de la tente.
-Voyons Mémé, on avait dit que tu arrêterais de traumatiser les recrues. Fit gentiment remarquer un homme grand et mince, l’un des rares qui n’étaient pas en armure.
-Il l’a cherché : même pas fichu de me servir une boisson correctement.
-Bon, passons. Inéni s’éclaircit la gorge et se leva. Nous voici tous réunit ici aujourd’hui pour définir les lignes directrices de notre régime politique, qui prendra une forme libérale monocamérale comme nous l’avons décidé la dernière fois au terme d’environ dix heures de parlementassions. J’attends donc vos propositions. Inéni se rassit.
L’homme le plus robuste et au visage le moins avenant de la salle parla le premier après avoir attiré l’attention en tapant sur la table de conférence.
-Il faut déclarer la guerre à tous les Goa’ulds ! Il faut exporter la Révolution pour le bien de toute la galaxie. Nous sommes dans le vrai, le reste de l’univers est dans le faux. Sans ses maudits tyrans, nous serions à même d’organiser une société nouvelle, un ordre nouveau.
-Et avec quelles armées serions-nous en mesure de vaincre tous les Goa’ulds en même temps ? Il nous faut des cibles précises pour commencer à déstabiliser les faux dieux.
-L’empire toxique. Toutes les têtes se tournèrent vers la place d’où était venue cette proposition.
Et bien oui : c’est l’empire toxique qui a le plus déstabilisé l’empire ouserkafien et qui par là même a empêché la formation d’un vaste mouvement rebelle à la fuite du faux dieu Ouserkaf. De plus, c’est celui-ci le plus puissant et donc la déstabilisation de cet empire ainsi que ceux de ses vassaux permettrait de donner un exemple fort à la galaxie.
Des paupières clignèrent d’étonnement, des yeux furent frottés, des oreilles débouchées. Cela semblait tellement logique sur le moment (la fatigue et l’alcool n’y étaient sans doute pas pour rien) que tout le monde était étonné qu’elle puisse venir de Djer, qui était tombé dans la rébellion plus par hasard que par choix, et qui était réputé pour son intelligence disons, pour être gentil, limitée.
-Euh… Oui… bien… Fit un Inéni encore sous le choc de l’étonnement. Passons à la constitution du gouvernement désormais. Je propose donc Mémé aux Finances, Mérenptah à la Guerre, Djer aux Espaces verts,… suivit d’une liste de noms dont l’énumération ici ne dirait rien à nos pauvres lecteurs et que nous allons donc passer sous silence … et moi-même, chef du gouvernement.
Curieusement, ces propositions ne furent pas accueillit avec forte véhémence, seuls quelques-uns voulaient avoir un autre poste que celui qu’il leur avait été octroyé, mais la chose se passa plutôt bien dans l’ensemble.
C’est ainsi que se finit la réunion : sur une grande beuverie généralisée dans tout le camp. Pour les chefs, il fallait bien cela pour une fois où ils étaient tombés d’accords rapidement, et pour les hommes, car ils méritaient bien aussi de s’amuser un peu.
Cette scène n’échappa pas à la silhouette encapuchonnée qui se terrait dans l’ombre épaisse du sous-bois. Un trait blanc, comme un rictus découvrant légèrement les dents, apparut au niveau du visage de la silhouette, qui se retourna et disparut dans la forêt.
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Le lendemain, le soleil se leva sur un camp profondément endormit, les jaffas s’étant allongés sur des troncs servant de banc à côté du feu tant ils étaient, la vieille, ivre de fatigue (et ivre tout simplement également, de nombreux jaffas n’ont pu retrouver le chemin de leur tente).
Inéni, qui avait moins bu (ou qui tenait mieux l’alcool, allez savoir) s’éveilla en premier. La bouche pâteuse et la tête douloureuse, il se versa un verre d’eau. Il avait l’intime conviction que la veille au soir, il s’était passé quelque chose de capital pour l’avenir de la République. République ! Voilà, c’était ça, ils étaient enfin tombés d’accord ! Mais il y avait autre chose, quelque chose de plus étrange mais tout autant capital lui semblait-il. Son regard se posa sur une orchidée dans un vase. Pour une raison inconnue, il lui sembla que la réponse avait un lien avec les plantes. Les fleurs ? Non ! Le miel ? Non plus ! La nourriture, le ravitaillement ? On s’en approchait. La guerre ? Oui, c’était cela, la guerre pour exporter la Révolution. Mais ce n’était pas la guerre contre n’importe qui, c’était contre l’empire toxique et ses vassaux en priorité !
Le jaffa s’employa à retranscrire par écrit tout ce qui lui revenait avant qu’il n’oublie. En haut de la page, il inscrivit d’une écriture fine : Doctrine Inéni.